Éric Boullier a confié au Figaro que, sans lui, il est fort probable que Romain Grosjean n’aurait pas eu les soutiens nécessaires au saine de l’équipe Lotus pour une 2ème saison consécutive. Le pilote français avait du attendre la mi-décembre pour que l’équipe d’Enstone se décide.
"C’est un garçon qui a l’immense privilège d’être un des pilotes les plus rapides du plateau. Mais la F1 est un monde intransigeant qui ne permet pas beaucoup d’erreurs. Il lui reste encore à apprendre, mais il devra le faire vite. Je pense que, si je n’avais pas été là, il ne serait plus parmi nous aujourd’hui," déclare le patron de Lotus F1.
On sait que Grosjean a fait appel à un psychologue pour se remettre en question.
"Cette histoire revient tout le temps sur le tapis," s’agace Boullier. "N’importe quel sportif de haut niveau peut faire appel à un psy. L’entourage est extrêmement important pour son équilibre. Romain n’est pas plus fragile qu’un autre. Reprenez les livres d’histoire de la F1 : Michael Schumacher a commis des erreurs, Ayrton Senna aussi. Un sportif de haut niveau, c’est du talent mêlé à une forme de dureté, mais aussi de la fragilité."
"Il a travaillé dans son attitude, son appréhension de la F1. Il avait tendance à s’aveugler pour des choses qui, finalement, n’ont pas d’importance," ajoute-t-il.
Grosjean a-t-il bénéficié du soutien d’un patron manager devenu ami ?
"Non, ce n’est pas un copain," répond le pilote au Figaro. "Nous entretenons une confiance mutuelle mais il reste mon chef. Et parce qu’il est chef, il ne peut pas me défendre indéfiniment ! Mais je sais qu’il a fait énormément pour que je sois encore là."
"Il n’y a que 22 pilotes sur une grille en F1 et la concurrence est énorme. En général, si on laisse passer sa chance dans cette discipline, il n’y a pas de rattrapage. Or, cela fait deux fois qu’on me tend la main. Trois, même, si on compte mon arrivée en cours de saison en 2009. Alors, nous avons beaucoup discuté avec les dirigeants cet hiver. Ils m’ont fixé des objectifs à tenir. Je sais désormais ce que j’ai à faire pour conserver leur confiance."