À bientôt 45 ans, Fernando Alonso refuse de se laisser enfermer par le calendrier. Alors que la saison 2026 marquera la dernière année de son contrat actuel avec Aston Martin F1 et qu’un vaste jeu de chaises musicales est attendu sur le marché des pilotes pour 2027, l’Espagnol assure que le temps reste de son côté.
Interrogé sur l’impact de l’expérience à l’aube de la nouvelle ère technique de la Formule 1, Alonso estime que l’âge peut constituer un avantage dans le contexte très encadré du sport moderne.
"Parce que la F1 est aujourd’hui très réglementée, il y aurait plus de différences s’il y avait davantage de liberté", explique-t-il lors de la cérémonie de lancement de l’AMR26 qui a eu lieu hier soir.
"Mais l’expérience aide toujours. Si c’était du tennis ou de l’athlétisme, je préférerais avoir 25 ans que 40. En sport automobile, tant que tu es en bonne condition physique, je préfère avoir 40 ans que 25."
Pour le double champion du monde, la complexité du règlement 2026, et notamment la gestion de l’énergie, joue clairement en faveur des pilotes chevronnés.
"J’ai couru sur tous les circuits, j’ai connu énormément de règlements différents", poursuit-il. "Avec les changements énergétiques qui arrivent, je préfère être à ma place qu’être un rookie cette année."
Usant d’une métaphore footballistique pour situer sa carrière, Alonso balaie l’idée qu’il serait déjà dans le temps additionnel.
"Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir", sourit-il. "Nous entamons la seconde mi-temps, les 45 minutes."
Concernant une éventuelle décision de poursuivre ou non au-delà de 2026, Alonso se montre très clair : il souhaite repousser ce choix autant que possible.
"Je pense que cette année, il faudra attendre un peu plus longtemps, car la progression et l’évolution des voitures vont être incroyables", estime-t-il. "Au lieu de gagner un ou deux dixièmes avec un package d’évolution, on pourrait en gagner huit dixièmes ou une seconde entière."
Dans ce contexte, prendre une décision trop tôt serait risqué.
"Décider en avril ou en mai peut être juste ou complètement faux en septembre", souligne Alonso. "Tout dépend de la façon dont le développement évolue. Plus on peut attendre, mieux c’est... c’est mon intention."
Le pilote Aston Martin reconnaît toutefois que sa réflexion ne se limitera pas aux performances pures.
"Je dois voir comment je me sens, à quel point je suis motivé, et comment les voyages, les événements, le marketing et tout ce qui se passe en dehors de la piste m’affectent", confie-t-il. "Je pense que l’équipe va énormément progresser dès le début de l’année, et cela sera très motivant."
Alonso est néanmoins conscient que les équipes ont besoin d’anticiper.
"Ce que toi tu veux est une chose", admet-il, "mais si l’équipe veut savoir au printemps si tu continues ou non pour ne pas se retrouver sans options, je serai sous pression pour décider plus tôt."
Sur le plan purement sportif, l’Espagnol reste sceptique quant à l’idée que le règlement 2026 offrira davantage de liberté aux pilotes en piste.
"J’avais déjà des doutes après avoir fait quelques tours sur le simulateur, et j’ai toujours les mêmes", explique-t-il. "Je pense que dépasser sera plus difficile cette année, car tout le monde aura le DRS dans les lignes droites. La voiture derrière aura le même DRS que celle de devant. Et personne ne fera des choses stupides avec son boost d’énergie. Enfin, je crois !"
Avec une utilisation de l’énergie très strictement encadrée, Alonso craint également des duels plus artificiels.
"Tu as juste un peu plus d’énergie, mais tu n’as pas la liberté de l’utiliser où tu veux. C’est dicté par la FIA. C’est trop réglementé."