Fernando Alonso a confirmé qu’Aston Martin F1 avait enfin trouvé la voie à suivre pour résoudre définitivement son problème majeur de vibrations après un début de saison 2026 particulièrement difficile... tout en reconnaissant que les gains de performance sont encore lointains.
Présent à Miami, le double champion du monde s’est montré soulagé sur un point essentiel après les qualifications.
"La meilleure nouvelle de cette séance, c’est que les vibrations ont disparu. Complètement. Nous restons prudents mais nous pensons avoir avancé dans la bonne direction. Mais ce que nous pensions être la bonne chose à tester pour les qualifications s’est révélée efficace."
Si cela se confirme c’est une avancée significative pour une monoplace qui souffrait jusque-là d’un mal structurel depuis le début de l’ère Honda-Newey.
L’Espagnol a détaillé les progrès constatés.
"C’est beaucoup mieux et c’est la meilleure chose du week-end. La voiture se comporte normalement maintenant et il n’y a plus de problème pour terminer la course ni d’inquiétude sur la fiabilité."
Mais cette éclaircie s’accompagne d’une mise en garde claire concernant la compétitivité pure. Interrogé sur la possibilité de débloquer un véritable gain de performance, en poussant plus fort son AMR26, Alonso n’a laissé que peu de place à l’optimisme à court terme.
"Non, on pousse déjà au maximum. On ne roulait pas à 95% à cause des vibrations. Pour du mieux, ce sera après l’été. Cela n’arrivera pas avant la course 14. Il y a encore un long chemin à parcourir."
La course 14, dans le calendrier actuel, correspond à son Grand Prix à domicile en Espagne, au Madring. A en croire Alonso, on n’est donc pas très loin d’une vraie "version B" pour l’AMR26 même si l’équipe a tenu à démentir de type de qualificatif plus tôt ce week-end.
Le pilote de 44 ans explique ce décalage par la nécessité de comprendre en profondeur les difficultés rencontrées.
"Tant que les problèmes ne sont pas compris et résolus, il est difficile d’avoir la confiance nécessaire pour progresser en performance. La solution aux vibrations est déjà un soulagement."
Ce calendrier étendu fait pleinement partie de la stratégie de l’écurie britannique.
"Cela fait partie du plan. Cela ne sert à rien de gagner deux, trois ou quatre dixièmes de seconde sans que cela se traduise en résultats, parce que la voiture juste devant nous est une seconde plus rapide (en excluant Cadillac, ndlr)."
"Nous devons trouver une stratégie avec le plafond budgétaire et ce genre de choses, et c’est le plan."
"Et comme je l’ai dit, tant qu’on ne comprend pas les problèmes à 110%, qu’on ne les résout pas un par un, il est difficile d’avoir confiance dans les prochaines étapes de performance. C’était un soulagement de constater que les vibrations mesurées à Sakura avaient diminué. C’est une confirmation ici, sur la piste. Mais évidemment, nous sommes des pilotes, alors quand on arrive ici et qu’on constate que la situation est la même, et qu’elle le restera pendant les prochains mois, il va falloir faire preuve de calme."
Malgré la disparition des vibrations, de nouveaux problèmes sont toutefois apparus en piste ce week-end en Floride. Alonso décrit un comportement mécanique erratique.
"J’ai eu des passages de rapports incroyablement lents et agressifs en montée, j’ai perdu la synchronisation de la boîte dans plusieurs virages, et ensuite les rétrogradages étaient aussi très aléatoires."
’C’était la toute première fois, car nous n’avions rencontré aucun problème lors des autres séances du week-end, mais en qualifications, la voiture était inutilisable. Du coup, je perdais du temps au freinage, je n’avais aucune accélération en sortie de virage. Parfois, il y avait un sous-virage, parfois un blocage des roues arrière."
"Parfois j’avais peu de frein moteur, et d’autres fois j’en avais trop. C’était trop imprévisible. Nous ne pouvons pas courir proprement avec ce niveau d’imprévisibilité."
"C’était donc une surprise, une mauvaise surprise, en qualifications. Essayons de comprendre et de corriger ce problème pour la course. Surtout s’il pleut, je ne pense pas que nous puissions faire la course avec des rétrogradages aussi aléatoires."
Au-delà de ces soucis immédiats, le constat global reste préoccupant pour Aston Martin. Alonso ne cache pas la période délicate qui attend l’équipe.
"Nous avons quelques mois devant nous sans performance, et ce sera la chose la plus difficile et la plus répétitive à supporter."