Alpine F1 a livré un début de saison 2026 encourageant, mais ne cache pas les axes de progression encore nécessaires pour franchir un cap supplémentaire dans la hiérarchie. Si l’A526 a permis à l’écurie d’Enstone de revenir au contact du peloton intermédiaire, une faiblesse bien identifiée pourrait encore freiner ses ambitions.
Après trois Grands Prix, Pierre Gasly et Franco Colapinto ont déjà inscrit 16 points, soit autant que Red Bull à ce stade de la saison, et seulement six unités de moins que le total cumulé de l’équipe sur l’ensemble de l’exercice 2025. Une progression notable, rendue possible notamment par l’abandon précoce du développement de la monoplace 2025 au profit du projet 2026.
Ce choix stratégique, combiné à l’adoption d’un groupe propulseur Mercedes après la fin du statut de constructeur de Renault, a permis à Alpine de disposer d’une base compétitive. L’écurie se positionne ainsi dans la lutte pour le leadership du milieu de grille, aux côtés de Haas et Racing Bulls.
Cependant, le directeur général d’Alpine F1, Steve Nielsen, a clairement identifié le principal point faible de l’A526, notamment après le Grand Prix du Japon disputé à Suzuka.
"Nous avons des problèmes de sous-virage à haute vitesse que nous devons corriger," explique-t-il. "Les changements de direction rapides représentent probablement la plus grande faiblesse de notre voiture cette année."
Une lacune particulièrement visible dans le premier secteur du tracé japonais, réputé pour ses enchaînements rapides.
"Nous savions en allant au Japon que le secteur 1 serait compliqué, et ça s’est confirmé. Cela se traduit par du sous-virage. Nous avons également observé ce phénomène à Bahreïn."
Malgré cela, Nielsen se veut globalement positif.
"Honnêtement, c’est le principal facteur limitant. En dehors de cela, tout est plutôt bon. Les longs relais, avec beaucoup de carburant, sont solides et nous sommes compétitifs par rapport à nos rivaux directs."
Ce constat rejoint l’analyse dressée sur les tours rapides réalisés à Suzuka, où Alpine a confirmé sa bonne forme du moment quand Gasly a signé le 7e temps, confirmé en course le lendemain par une arrivée à la même position.
"Nous en apprenons encore énormément sur ces nouvelles voitures et nous avons abordé le week-end au Japon en gardant les pieds sur terre après le résultat positif obtenu en Chine," reprend Nielsen.
"Suzuka était un défi complètement différent de Shanghai, ou même de Melbourne. Nous étions donc prudents quant à notre niveau de performance et nous voulions attendre les qualifications pour avoir une confirmation."
Cette confirmation est donc venue avec une septième place sur la grille pour Gasly, même si Colapinto a dû se contenter du 15e chrono.
"Ce qui est vraiment encourageant, c’est que nous avons répété notre résultat de Chine en qualifications au Japon. Les qualifications ne rapportent pas de points, mais cela nous conforte dans l’idée que nous disposons d’un package performant sur différents types de circuits."