Le départ de Bruno Famin du groupe Renault constitue un nouveau signal fort de l’évolution stratégique en cours chez Alpine F1, sur fond de discussions autour de l’ouverture de son capital.
Selon Ouest-France, ce départ est désormais acté et marque "une nouvelle étape dans la profonde réorganisation" des activités sportives d’Alpine. Une décision qui s’inscrit dans une dynamique de transformation plus large pour la marque française.
Revenu en 2023 à la tête du programme sportif après un premier passage à la direction de l’écurie de Formule 1, Bruno Famin (en photo ci-dessous) voit ainsi son aventure au sein de Renault s’achever. Entre-temps, son influence s’était progressivement réduite, notamment depuis le retour au premier plan de Flavio Briatore en 2024.
Ce départ intervient dans un contexte où Renault a déjà engagé plusieurs décisions structurantes : arrêt du programme moteur en Formule 1, réduction progressive puis arrêt à venir de son engagement en endurance, et refonte globale de sa stratégie dans le sport automobile.
Autant de choix qui traduisent une prise de distance vis-à-vis de l’implication directe en compétition, au profit d’un modèle plus flexible, voire plus financier.
Le calendrier n’est d’ailleurs pas anodin. Quelques jours plus tôt, Briatore avait confirmé que plusieurs acteurs s’intéressaient à la reprise des 24 % de parts actuellement détenues par Otro Capital dans Alpine F1.
Parmi les noms évoqués, celui de Mercedes revient avec insistance, tout comme celui d’un groupe lié à Christian Horner. D’autres investisseurs, extérieurs au sérail traditionnel de la Formule 1, pourraient également entrer dans la danse.
Dans ce contexte, l’intérêt potentiel du géant chinois BYD attire particulièrement l’attention. L’entreprise étudierait différentes options pour s’implanter au plus haut niveau du sport automobile, y compris via le rachat d’une écurie existante.
Si aucune confirmation officielle n’a été donnée, une telle arrivée s’inscrirait parfaitement dans la volonté affichée par la Fédération Internationale de l’Automobile d’élargir l’empreinte mondiale de la discipline. Mohamed Ben Sulayem, le président de la FIA, s’est notamment montré très ouvert à l’arrivée d’une 12e équipe en provenance d’Asie.
Pour Alpine, l’heure est clairement à la transition. Entre réorganisation interne, repositionnement stratégique et ouverture du capital, la structure d’Enstone semble engagée dans une mutation profonde.
Le départ de Bruno Famin apparaît ainsi comme une pièce supplémentaire d’un puzzle plus large : celui d’un désengagement progressif de Renault du premier plan du sport automobile, au moment même où de nouveaux acteurs pourraient rebattre les cartes.