L’intervention de la Fédération Internationale de l’Automobile visant à interdire une astuce utilisée en qualifications par Mercedes et Red Bull Racing a été saluée par l’un des pilotes qui en a à la fois profité et subi les effets secondaires, jugés "pas très sûrs".
Comme révélé cette semaine, les deux écuries ont été informées, en amont du Grand Prix de Miami, qu’une faille ingénieuse exploitée pour contourner les limitations de réduction de puissance en qualifications ne serait désormais plus tolérée.
Concrètement, Mercedes et Red Bull étaient parvenues à éviter de devoir réduire progressivement le déploiement d’énergie à l’approche de la ligne de chronométrage en fin de tour rapide. Elles activaient pour cela un mode d’urgence coupant instantanément le MGU-K, contournant ainsi les contraintes habituelles.
Mais cette manœuvre n’était pas sans conséquence : elle plaçait ensuite le MGU-K en mode dit "offset continu" pendant 60 secondes, privant totalement les pilotes de puissance électrique. Une situation sans réel impact lors d’un tour de décélération classique mais potentiellement problématique en cas d’imprévu.
Car dans certaines circonstances, par exemple lorsqu’un pilote doit mieux se placer pour laisser passer une voiture en tour lancé, ce déficit de puissance pouvait entraîner des situations délicates, avec des monoplaces contraintes d’évoluer à très basse vitesse.
Pilote Mercedes, Kimi Antonelli a lui-même été confronté à ce phénomène lors de simulations de qualifications en essais, en Australie et au Japon. Il accueille donc favorablement la décision de la FIA.
"Évidemment, ce n’était pas la sensation la plus agréable," confie-t-il. "Bien sûr, on cherche à extraire chaque parcelle de performance d’un côté. Mais cela peut s’accompagner de certains problèmes ou de situations inattendues."
"Je savais que cela pouvait arriver, mais je ne l’avais pas vraiment expérimenté jusqu’à Melbourne et Suzuka," poursuit-il. "Et clairement, ce n’est pas très sûr, surtout à Suzuka. J’étais comme une cible immobile dans les Esses, et on sait que la piste n’est pas très large, il n’y a pas beaucoup d’espace."
Le jeune Italien insiste sur le stress engendré par ces moments.
"C’était assez stressant, c’est sûr, de ne rien pouvoir faire, parce que la voiture ne répondait à aucune commande. Je roulais très lentement en piste. C’était un moment stressant."
Si Mercedes perd ainsi le bénéfice d’un léger gain, estimé à quelques centièmes de seconde, Antonelli estime que la sécurité et la sérénité priment largement.
"C’est bien de savoir que, visiblement, on ne devrait plus être confrontés à ça. En qualifications, avec ce système, on peut facilement gêner quelqu’un dans un tour rapide, et donc écoper d’une pénalité. Ce n’est pas ce que l’on veut."
"Bien sûr, cela signifie renoncer à quelques centièmes, donc très peu de temps, mais au moins cela donne la confiance que ce problème ne se reproduira pas."
Antonelli n’est pas le seul à avoir subi les effets de cette perte temporaire du MGU-K. Le pilote Williams Alex Albon s’est ainsi immobilisé en piste à Suzuka à cause de ce phénomène, tandis que Max Verstappen, chez Red Bull, a lui aussi connu un épisode similaire au Japon.
Le Néerlandais expliquait alors les raisons de ce comportement et n’était pas très honnête !
"C’est comme un réglage FIA : si le régime moteur tombe trop bas, on n’a plus de puissance. Ça arrive parfois avec certaines voitures."
"Cela se produit surtout quand on roule lentement et qu’on essaie de laisser passer une autre voiture en tour rapide. On ne rétrograde pas assez vite, le régime chute trop bas, et on entre dans une sorte de mode de sécurité."
"Ensuite, il faut environ 10, 15 ou 20 secondes avant que la puissance ne revienne soudainement. Donc c’est juste un bug, ou peu importe comment on appelle ça."
Pas un bug : une exploitation assumée d’une faille des règles par Red Bull Ford, comme Mercedes F1. Une faille désormais refermée !