Après les premiers essais privés de 2026 à Barcelone, les acteurs de la Formule 1 ont commencé à cerner les enjeux majeurs des nouvelles monoplaces. De nouveaux enseignements seront tirés dès demain, lors des premiers essais sur le circuit de Sakhir à Bahreïn. Pour Kimi Antonelli, pilote Mercedes, l’élément déterminant du nouveau règlement se situe clairement du côté du groupe propulseur, et plus précisément dans la manière dont les équipes exploiteront l’énergie électrique.
Pour la première fois dans l’histoire de la F1, la propulsion des voitures repose sur un équilibre strict de 50/50 entre le moteur thermique et la batterie. Une évolution radicale qui a déjà ouvert de nouveaux chantiers techniques pour les équipes.
Les monoplaces 2026 conservent un V6 turbo hybride de 1,6 litre, mais celui-ci est associé à une batterie délivrant 350 kW, soit trois fois plus de puissance électrique que l’unité de puissance précédente. Une transformation majeure, qui place la gestion de l’énergie au cœur de la performance.
Pour Antonelli, cette montée en puissance de l’électrique change profondément la donne, tant en course qu’en qualifications.
"Je pense que le plus gros élément de la performance sera du côté du groupe propulseur et évidemment de la batterie."
"C’est pour cela que cette semaine à Sakhir et la suivante, avec l’équipe, et surtout avec HPP [Mercedes AMG High Performance Powertrains], il sera très important de vraiment maximiser le logiciel, le déploiement pour chaque circuit, parce que cela peut réellement faire la différence."
Au-delà de la simple quantité d’énergie disponible, c’est la façon de l’utiliser qui fera la différence entre les équipes.
"Quand je parle de déploiement, je parle aussi bien de la course que des qualifications. Être capable d’avoir le bon déploiement, et surtout un déploiement constant à chaque tour et sur chaque relais, peut vraiment faire la différence."
Selon le pilote Mercedes, les bouleversements induits par les règles 2026 dépassent largement le cadre matériel. La dimension logicielle devient un champ de bataille à part entière.
"Avec ce nouveau règlement, le changement est tellement important que, même du côté logiciel, ce sera complètement différent. C’est un paramètre de plus, presque le plus important, à travailler en parallèle des réglages que nous connaissons déjà sur les ailerons, les suspensions, les pressions des pneus, etc."
"Les équipes doivent repenser leur approche globale de l’exploitation moteur. Il sera donc vraiment crucial, comme je l’ai dit auparavant, de travailler avec l’équipe pour comprendre quel est le meilleur déploiement possible."
Antonelli souligne également l’intérêt de disposer de plusieurs cartographies énergétiques, afin de s’adapter aux circonstances en course.
"Avoir différents types de déploiement peut aussi vous donner une certaine marge de manœuvre pendant la course, si vous voulez tenter quelque chose de différent. Il y a vraiment beaucoup de choses à prévoir !"
Alors que les ingénieurs planchent déjà sur les évolutions aérodynamiques des nouvelles monoplaces, le message de l’Italien est clair : en 2026, la victoire pourrait bien autant se jouer sur des lignes de code de la gestion du moteur que sur les pièces performance sur lesquelles on joue traditionnellement en F1.