N’en déplaise à son patron Toto Wolff chez Mercedes F1, Kimi Antonelli assume désormais ses ambitions : viser le titre dès 2026. Mais le jeune pilote garde les pieds sur terre, conscient que son équipier George Russell conserve, pour l’instant, un avantage certain.
À seulement 19 ans, Antonelli est devenu le plus jeune leader du championnat de l’histoire de la discipline. Une trajectoire express qu’il peine encore à réaliser pleinement.
"Oui, absolument," répond-il au Bild lorsqu’on lui demande si tout cela lui paraît irréel.
"C’est fou de voir tout l’intérêt qu’il y a eu autour de moi. J’ai acheté les journaux le lendemain, je les ai lus, et je vais les garder. Bien sûr, on en profite, ça fait du bien mais c’est aussi dangereux."
Le pilote italien met en garde contre l’euphorie qui peut rapidement détourner de l’essentiel.
"Il est facile de perdre sa concentration et de se laisser emporter quand tout le monde vous célèbre. Mais j’ai aussi remarqué que les attentes à mon égard ont énormément changé. C’est pour ça que je n’utilise plus les réseaux sociaux pendant les week-ends de course, pour éviter toute pression supplémentaire. Parce que la vérité, c’est qu’il reste encore 19 courses."
Malgré cette prudence affichée, Antonelli ne cache pas ses ambitions.
"Je veux accomplir plus qu’une seule victoire ici ou là. Mon objectif ultime est d’être en lutte pour le titre à la fin de la saison, puis de le remporter."
Un objectif assumé, même s’il reconnaît lui-même ses limites face à des pilotes plus aguerris. Le principal point faible d’Antonelli ? L’expérience, sans hésitation.
"L’expérience est ma plus grande faiblesse par rapport à des pilotes comme George, sans aucun doute. Ça ne s’achète pas."
"Mais je suis convaincu que j’aurais quand même ma chance si l’opportunité se présente. Je travaille pour ça depuis des années, et mes victoires ont montré que je peux battre n’importe qui si j’exploite mon potentiel. Mais pour y arriver, je dois maîtriser les bases."
Antonelli a évoqué la trêve d’avril, intervenue après un début de saison intense. Un bon élan cassé ou une pause bienvenue ?
"C’est sûr, c’est dommage d’avoir une pause aussi longue, mais en même temps je ne me plains pas trop, car je peux passer quelques jours à la maison. Et c’est important, parce que le début de saison a été assez intense."
"Mais la piste me manque déjà. C’est frustrant parce que nous sommes dans un moment crucial, nous sortons d’un début de saison positif. La voiture est très performante."
"Cette pause donne plus d’opportunités à nos rivaux de se rapprocher."
Malgré son succès au Grand Prix du Japon, Antonelli n’était pas pleinement satisfait de sa performance.
"Oui, je dois dire que le dimanche au Japon, je n’ai pas autant savouré la victoire que je l’aurais voulu, parce que j’étais énervé à cause du départ."
"J’étais conscient d’avoir été très chanceux malgré tout. Mais j’étais vraiment en colère contre ce départ, ça a été un vrai choc, ça m’a donné envie de m’arracher les cheveux. Je travaille déjà dessus."
L’Italien compte profiter de la pause pour corriger ce point faible identifié.
"Clairement, je vais travailler les départs au simulateur. Je vais récupérer le volant avec tous mes réglages. Disons que je réfléchis déjà à la manière d’améliorer ces départs."