Le jeu des chaises musicales se poursuit en Formule 1, et il pourrait bien s’accélérer dans les jours à venir. Le départ immédiat de Jonathan Wheatley d’Audi F1 ne fait qu’alimenter un peu plus les spéculations autour d’un remaniement majeur chez Aston Martin F1.
Pour rappel, dans un communiqué officiel, le constructeur allemand a confirmé vendredi une décision soudaine : "Pour des raisons personnelles, Jonathan Wheatley quittera l’équipe avec effet immédiat." Une annonce brève, mais lourde de conséquences dans un contexte déjà particulièrement agité.
Dans la foulée, Audi a précisé que Mattia Binotto continuerait de diriger l’écurie, tout en élargissant son champ d’action : "Mattia Binotto continuera de mener l’équipe tout en assumant des responsabilités supplémentaires en tant que Team Principal."
Ce départ intervient seulement quelques jours après des informations insistantes évoquant un possible transfert de Wheatley vers Aston Martin. L’écurie britannique, propriété de Lawrence Stroll, est en pleine réorganisation interne après un début de collaboration compliqué avec Honda.
Sans officialiser l’arrivée de Wheatley, Stroll a néanmoins levé un coin du voile sur la nouvelle structure managériale en gestation. Il a notamment confirmé qu’Adrian Newey n’occupait pas un rôle classique de directeur d’écurie.
"Nous n’adoptons pas actuellement le rôle traditionnel de Team Principal que l’on voit ailleurs — c’est un choix délibéré," a expliqué Stroll. "En tant qu’ingénieur le plus titré de l’histoire de ce sport, Adrian se concentre avant tout sur le leadership stratégique et technique, là où il excelle."
Le Canadien a également insisté sur l’importance de Newey dans le projet : "C’est mon partenaire et un actionnaire important," a-t-il rappelé, soulignant que le Britannique resterait au cœur de l’avenir de l’équipe, mais davantage orienté vers la direction technique que vers la gestion quotidienne.
Si Audi évoque officiellement des raisons personnelles, un travail d’enquête en Suisse et en Allemagne révèle de nouvelles informations. Ainsi le quotidien allemand Bild dresse un tableau plus nuancé. Le média évoque notamment des tensions entre Wheatley et Binotto, en plus des difficultés d’adaptation à la vie en Suisse, qui avaient été citées comme première raison derrière ce départ de Wheatley, avec l’envie de retrouver l’Angleterre et sa famille.
Toujours selon cette source, des désaccords liés à la structure de direction bicéphale d’Audi auraient suscité des inquiétudes au plus haut niveau, accélérant une décision de restructuration rapide.
Dans ce contexte, le timing du départ de Wheatley renforce l’idée qu’il pourrait rapidement devenir un candidat de premier plan pour occuper un rôle de direction plus traditionnel chez Aston Martin et potentiellement retrouver Newey dans un schéma clarifié.
Mais d’autres pistes restent envisagées. Christian Horner a ainsi été associé à des discussions avec Stroll, même si Newey se serait opposé à cette option. La gravité de la situation pourrait ne pas lui laisser le choix. Par ailleurs, Allan McNish, pourtant bien installé dans l’organigramme d’Audi, figure également parmi les noms évoqués. Mais il s’agit de rumeurs clairement non vérifiées concernant l’Ecossais.
Pour l’heure, Aston Martin se contente d’une ligne de communication prudente, refusant de commenter les rumeurs et spéculations. L’équipe n’aurait pas l’intention de confirmer le nom de son nouveau directeur d’écurie avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois car cela ne changerait rien au fait que Newey doit continuer à assurer l’intérim en l’attendant. Ce qui expliquerait le communiqué de Lawrence Stroll réaffirmant sa confiance en son partenaire.