Allan McNish a vécu un baptême du feu particulièrement compliqué dans ses nouvelles fonctions en Formule 1, alors que la crise de fiabilité d’Audi s’est encore aggravée lors du week-end du Grand Prix de Miami.
L’ancien pilote Toyota et vainqueur des 24 Heures du Mans occupe désormais un rôle clé dans les opérations en piste, après le départ de Jonathan Wheatley, en travaillant aux côtés de Mattia Binotto dans le cadre de la restructuration du programme F1 du constructeur allemand. Mais cette première sortie officielle a rapidement viré au chaos.
Les ennuis ont commencé dès le sprint, lorsque Nico Hülkenberg a été victime d’une fuite de fluide accompagnée d’un départ de feu. L’Allemand a ensuite été contraint à l’abandon en course, victime d’un problème de surchauffe. De son côté, Gabriel Bortoleto a été disqualifié du sprint pour une irrégularité de pression d’admission, avant de voir ses freins s’embraser en qualifications, au terme d’un week-end marqué par une accumulation de soucis techniques et opérationnels.
Face à cette série noire, McNish reconnaît que l’ampleur du chantier est considérable.
"Ce fut un week-end difficile pour nous à Miami. Gabi a réalisé une très belle performance en course, remontant le peloton avec un bon rythme, du sang-froid et des dépassements bien sentis qui soulignent le potentiel de la voiture" a déclaré McNish.
"S’il était parti d’une position normale sur la grille, il aurait probablement marqué des points. La même chose s’applique à Nico dans une course propre."
"Il faut également féliciter l’équipe, et plus particulièrement les mécaniciens, qui ont réagi avec une grande détermination et une concentration sans faille malgré une journée très difficile samedi. C’est cet esprit qui nous permet de continuer à progresser."
"Pour Nico, la course a été frustrante. Il a été gêné au premier virage, ce qui a entraîné un changement d’aileron avant prématuré, et malheureusement, un problème technique avec une surchauffe côté moteur l’a ensuite contraint à l’abandon. De sa position sur la grille de départ, il était en bonne position pour marquer des points, c’est donc évidemment décevant."
Malgré ces résultats décevants, l’Ecossais de 56 ans veut retenir des signaux plus encourageants en matière de performance pure.
"Le fait que nous ayons été capables de rester compétitifs avec un package relativement limité par rapport aux autres montre que la vitesse intrinsèque est là," a-t-il souligné.
En revanche, il ne cache pas que les lacunes en matière de fiabilité et d’exploitation restent préoccupantes.
"Bien sûr, nous ne voulons pas que ce genre de choses arrive. Tout le monde est encore dans une phase d’apprentissage. Il n’est pas surprenant que nous ne fassions pas tout parfaitement dès le début."
McNish a également révélé avoir consacré une grande partie du week-end à appréhender le fonctionnement interne de l’équipe.
"Il y avait beaucoup à apprendre. Je devais d’abord comprendre comment les différents départements fonctionnent et comment ils sont interconnectés. J’ai maintenant une vision plus claire."
"Notre priorité est maintenant de transformer notre potentiel en résultats concrets. Nous tirerons les leçons de ce week-end, nous nous remettrons au travail pendant la pause et nous reviendrons prêts à saisir notre chance à Montréal."