Zak Brown, PDG de McLaren, a tenu à prendre la défense d’un pilote... Ferrari, et en l’occurrence Charles Leclerc.
Le Monégasque a été le centre de quelques articles dans les médias spécialisés étrangers concernant son ratio de victoires obtenues par pole positions signées.
Leclerc n’a converti que cinq de ses 27 pole positions en victoires – soit un taux de conversion de 18,5 % – dont une seule victoire sur ses 16 dernières pole positions.
Un record évidemment peu flatteur mais qui ne démontre rien selon Brown. Il affirme que les prouesses de Leclerc en qualifications en Formule 1 sont souvent déformées par les limitations de performance de Ferrari en course.
"Cet écart provient des limitations de Ferrari plutôt que de Charles lui-même, il est capable de performer à un haut niveau samedi et dimanche," explique Brown alors qu’il défendait aussi récemment son propre pilote, Lando Norris, qui était critique pour ses difficultés à convertir ses pole positions en victoires.
"Cette statistique concernant Charles, dont je suis un grand fan, qui n’a pas remporté tant de courses depuis la pole position, je ne pense pas que cela le touche."
"Tout cela montre plutôt à quel point il est impressionnant sur un tour et qu’il peut peut-être mener une F1 en pole sur un tour alors qu’elle n’a pas le rythme de course idéal. Je ne chercherai donc absolument pas à le dénigrer à cause de cette statistique. Au contraire, je pense qu’il a un immense talent."
Un examen plus approfondi du palmarès de Leclerc montre que les raisons de son faible taux de conversion sont loin d’être simples.
Plusieurs facteurs ont freiné la performance du pilote Ferrari, des stratégies d’équipe douteuses aux moments où la voiture elle-même l’a laissé tomber.
Le Grand Prix de Hongrie 2025 illustre parfaitement ce dernier point. Parti de la première ligne, Leclerc a brièvement mené la course, mais a rétrogradé suite à un problème de châssis, terminant finalement hors du podium derrière les McLaren et George Russell.
Même la première pole position de Leclerc en F1 s’est soldée par une déception, des problèmes de fiabilité au Grand Prix de Bahreïn 2019 l’ayant privé de la victoire.
Les erreurs d’équipe ont également joué un rôle. Au Grand Prix de Monaco 2022, Leclerc a été appelé aux stands. Il est rentré aux stands alors qu’il était en tête pour chausser des pneus intermédiaires, avant d’être rappelé pour des pneus slicks, le rétrogradant de la première à la quatrième place.
Au Grand Prix de Singapour 2019, pendant ce temps, Sebastian Vettel, alors son équipier chez Ferrari, a été autorisé à "undercuter" Leclerc, lui arrachant la victoire.
Bien sûr, tous les revers n’étaient pas hors de son contrôle. Au Grand Prix de France 2022, il s’est crashé alors qu’il était en tête, un cas rare où la victoire a été perdue suite à une erreur du pilote plutôt qu’à l’équipe ou à la voiture.
Il y a six ans, en Autriche, Leclerc a également été impliqué dans une bataille acharnée avec Max Verstappen, qui l’a dépassé lors d’une remontée pour s’adjuger la victoire. Bien que Leclerc puisse affirmer que ce n’était pas de sa faute, il a finalement été dépassé par le Néerlandais dans un combat direct.
Pris ensemble, ces exemples illustrent que le faible ratio pole/victoire de Leclerc est le résultat d’un concours de circonstances complexe, et non le reflet direct de son talent ou de son sens de la course, comme le souligne Brown.