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Binotto : De la dernière place à la victoire en 5 ans avec Audi F1

Mattia se confie sur le projet allemand à Monaco

Par Franck Drui - 25 mai 2025 - 09:09
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Mattia Binotto s’est confié à Monaco sur la nouvelle étape de sa carrière en Formule 1, avec Audi.

L’Italien, qui n’a pas réussi à gagner les titres mondiaux chez Ferrari en tant que directeur d’équipe, veut relever à nouveau ce défi avec un le constructeur allemand.

Au Figaro, il explique quelles raisons l’ont poussé à revenir dans le sport.

"Après avoir quitté Ferrari, j’ai fait un peu de consulting pour une boîte qui construisait des moteurs électriques, mais je suis resté quasiment dix-huit mois sans rien faire dans les sports automobiles. Cela avait toujours été ma passion, gamin, puis guidé ma vie professionnelle. J’ai eu le temps de réfléchir sur ce que je voulais vraiment faire, et j’ai compris que la Formule 1 était quelque chose que j’avais au plus profond de moi, dans mon ADN. J’avais besoin d’un autre défi, or celui proposé par Audi est le plus beau en Formule 1 actuellement. On part d’une feuille blanche, châssis et moteur, avec une voiture entière à construire et toute une équipe autour. Il y a tout à faire. Et on veut faire passer cette écurie Sauber dernière la saison passée à une écurie qui doit gagner en 2030."

Binotto est arrivé lors d’un premier remaniement du projet souhaité par Audi. Et d’autres ont eu lieu. Y a-t-il eu des doutes sur l’approche ?

"Écoutez, quand j’ai accepté l’offre, je savais qu’Audi avait un objectif clair avec une intention très évidente. Et, depuis mon arrivée, je n’ai vu que des pas dans la direction de vouloir bien faire pour atteindre nos objectifs. Le Qatar nous a rejoints comme actionnaire (en rachetant 30 % des parts en novembre 2024), ce qui nous a renforcés d’un point de vue financier. Nous n’en sommes qu’au début, le projet doit encore grandir, gagner en crédibilité et attractivité, mais, aujourd’hui, tous nos efforts vont dans la direction d’une marque et d’une écurie qui a absolument envie de gagner dans le futur."

Se sent-il confiant pour le début de saison en 2026 ?

"Non, on ne peut jamais être confiant. La confiance, en Formule 1, c’est le premier des défauts et la première des faiblesses. On s’est surtout fixé l’objectif de devenir compétitif et de gagner en 2030. 2026, qui fait partie de notre parcours, c’est une première étape, pas l’objectif final. L’année prochaine, on s’attend à participer au championnat, à faire de notre mieux, mais pas à être déjà forts et compétitifs. On l’a toujours dit, c’est comme une immense montagne qu’il faut escalader, et nous n’en sommes qu’au début de l’ascension."

"Gagner en 2030, c’est avoir l’ambition et être dans une position pour pouvoir se battre pour un championnat."

Comment faire de Sauber un top team ?

"Je tiens à souligner que, lorsque je suis arrivé en août l’année passée, j’ai trouvé une belle équipe avec des personnes très compétentes. Mais, par rapport à un top team, il y avait quand même des écarts… Pas forcément dans l’esprit de l’équipe, ni dans les compétences des individus, mais dans les dimensions. Par rapport à un top team, il y avait 350 personnes de moins environ. Si on a l’ambition de gagner des courses et de se battre pour un championnat, il est évident que cet écart doit être réduit et annulé. On a commencé à embaucher. On a embauché plus de 150 personnes l’année passée, et c’est le même objectif pour 2025. On grandit vite, tout comme on doit élargir notre capacité de production interne, avec plus de bureaux, un nouveau simulateur. Tout cela est planifié jusqu’en 2030."

Sur le plan du moteur, où en est Audi en Allemagne ?

"On débarque. On est au début de notre parcours, encore une fois. Savoir où en sont les autres, où on en est, c’est vraiment très difficile. C’est toujours très relatif, et je crois qu’on le saura seulement l’année prochaine. Dans ce domaine, on sait que 2026 ne sera pas une année facile, avec beaucoup à apprendre en termes de développement, voire de corrections. Mais je suis très content, chaque décision que nous prenons va dans la bonne direction. Les progrès sont continuels."

Pressent-il un gros changement de la hiérarchie en 2026 ?

"Je pense que les meilleures équipes, les plus grosses équipes, seront de toute façon devant, car elles ont les organisations qui leur permettent de faire face à toutes ces nouveautés. Il n’y aura pas de surprise, je pense que les meilleurs seront les meilleurs. Et puis ceux qui veulent le devenir partiront d’où ils sont, jour après jour, Grand Prix après Grand Prix, comme nous. On espère pouvoir les rattraper et les dépasser un jour."

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