S’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur la hiérarchie de la Formule 1 version 2026, le shakedown de Barcelone a déjà réservé quelques surprises. Parmi elles, la première apparition du moteur Red Bull-Ford n’est pas passée inaperçue aux yeux de Zak Brown, le PDG de McLaren, qui n’a pas caché son admiration pour la performance du nouveau groupe propulseur. Brown s’est également exprimé sur la saga du taux de compression lors de la présentation de la livrée de la McLaren MCL40
Sur le papier, les feuilles de temps ne racontaient pas une histoire particulièrement flatteuse : la Red Bull de Max Verstappen, meilleure représentante du moteur RBPT-Ford, n’a signé que le septième temps, à plus de 1,2 seconde de la Ferrari de Lewis Hamilton, référence chronométrique de la semaine. Mais dans un contexte où les temps sont largement dénués de sens, d’autres indicateurs ont retenu l’attention.
Le moteur conçu par Red Bull Powertrains a enchaîné les tours sans encombre, accumulant un kilométrage conséquent pour une première sortie publique. Un point que Zak Brown juge particulièrement marquant.
"Le moteur Red Bull-Ford semble très, très fort, donc chapeau à eux", a déclaré Brown lorsqu’il lui a été demandé ce qui l’avait le plus surpris à Barcelone.
"Non seulement il avait l’air très rapide, mais aussi très fiable."
Le patron de McLaren a élargi son constat à l’ensemble du plateau, soulignant la solidité globale des nouvelles unités de puissance, malgré la complexité des règlements 2026.
"De manière générale, la fiabilité semblait très bonne pour des règles nouvelles, sophistiquées et encore immatures, qui vont évoluer avec le temps. La quantité de roulage effectuée par tout le monde a été impressionnante."
"Ce sont vraiment ces éléments qui ressortaient : le moteur Ford [Red Bull] et la fiabilité globale dans le cadre de règlements très complexes."
Le constat est partagé par Andrea Stella, directeur de l’équipe McLaren, qui a également salué le niveau affiché par Red Bull lors de ce premier roulage.
Selon l’Italien, trois motoristes ont clairement démarré sur de bonnes bases : Red Bull-Ford, Mercedes et Ferrari "ont tous pris un bon départ".
Un avis qui place Red Bull-Ford d’emblée dans le haut du panier, aux côtés de Mercedes, fournisseur de McLaren et champion en titre, et de Ferrari.
Si Mercedes est largement perçu dans le paddock comme disposant du package moteur le plus abouti à ce stade, des discussions agitent déjà les coulisses concernant une possible interprétation des règles sur le taux de compression.
La réglementation fixe une limite maximale de 16:1, mesurée à température ambiante. Mercedes serait soupçonné d’avoir trouvé un moyen de dépasser ce seuil lorsque le moteur fonctionne à chaud, alimentant l’idée d’un avantage technique contesté par certains concurrents.
Zak Brown balaie toutefois ces accusations, qu’il qualifie de jeu politique classique en Formule 1.
"Le moteur a été conçu et est totalement conforme au règlement", affirme-t-il. "C’est l’essence même de ce sport, ce n’est pas différent des diffuseurs doubles que nous avons connus par le passé, qui étaient conformes au règlement."
Le dirigeant américain minimise également l’ampleur de l’avantage supposé.
"Je ne pense pas qu’il y ait un avantage significatif tel qu’il est présenté par la concurrence. Mais bien sûr, leur rôle est de transformer tout avantage perçu en histoire."
"La réalité, c’est que le moteur est totalement conforme, qu’il a passé tous les tests, et je pense que HPP a fait du bon travail."
Brown rappelle néanmoins que McLaren n’est pas impliquée directement dans les discussions techniques liées au moteur.
"C’est un sujet Mercedes. Évidemment, nous ne concevons ni ne fabriquons le moteur. C’est Mercedes HPP qui le fait."
"Ils font un très bon travail pour nous tenir informés, car nous sommes évidemment très intéressés, mais nous ne siégeons pas au groupe de travail sur les unités de puissance où se déroulent ces discussions."
Enfin, le PDG de McLaren a écarté tout scénario extrême qui verrait une modification réglementaire empêcher les équipes clientes Mercedes de courir en début de saison.
"Je n’imagine pas une seule seconde qu’il n’y ait pas d’équipes Mercedes sur la grille en Australie", a-t-il déclaré.
"Nous ne sommes pas au courant de ces discussions, donc je ne saurais même pas dire ce qu’il faudrait changer dans le règlement du point de vue moteur. Mais nous aurons bien toutes les équipes Mercedes sur la grille en Australie, j’en suis sûr."