Pour sa deuxième apparition en essais hivernaux de Formule 1, l’équipe Cadillac F1 a livré des signaux encourageants à Bahreïn. À l’issue des premiers jours de roulage de la pré-saison, à Barcelone fin janvier puis à BahrePin cette semaine, le directeur de l’écurie, Graeme Lowdon, estime que la nouvalle venue dispose déjà d’une plateforme saine, aussi bien sur le plan opérationnel que technique.
Il y a encore un an, Cadillac ne savait même pas avec certitude si elle figurerait sur la grille de départ en 2026. Depuis, l’équipe a franchi plusieurs étapes clés, avec un shakedown effectué à Silverstone, puis une semaine d’essais privés à Barcelone. À Bahreïn, pour sa première confrontation directe avec les dix autres écuries du plateau, Cadillac a couvert plus de 100 tours par jour - davantage qu’Alpine, Mercedes ou Aston Martin - une performance que Lowdon attribue en grande partie au fonctionnement interne de l’équipe.
"Je suis vraiment, vraiment satisfait des progrès, mais aussi de la manière dont nous avons résolu les problèmes. La façon dont nous avons travaillé ensemble pour résoudre ces problèmes s’est faite de manière très calme. On le voit dans le garage. C’est facile à évaluer dans le garage, mais aussi lors des réunions d’ingénierie et autres."
Le Britannique souligne que cette sérénité collective est l’un des premiers éléments qui l’ont marqué dès les débuts du projet.
"Oui, c’est d’ailleurs l’une des qualités de l’équipe que j’ai remarquée dès le shakedown à Silverstone. Nous sommes entrés dans le garage ce matin-là et ce que j’ai vu, c’était une équipe de Formule 1 calme, organisée et prête à travailler."
"Quand vous avez ça comme base, vous pouvez vraiment construire. À l’inverse, si vous entrez dans un garage où c’est le chaos et la pagaille, vous pouvez peut-être aller vite, mais vous finirez par atteindre un plafond."
Cadillac ne cache pas ses ambitions, même si l’approche reste mesurée.
"Nous avons toujours dit que nous avions de grandes ambitions. Nous sommes réalistes et lucides, nous savons à quel point ce sport est difficile, mais nous ne voulions pas simplement être là. Nous voulons vraiment construire quelque chose, et j’ai le sentiment que c’est le cas."
"Je pense que la voiture reflète l’équipe. C’est une bonne plateforme sur laquelle nous pouvons construire. Et l’équipe elle-même est également une plateforme solide sur laquelle nous pouvons bâtir."
Le patron de Cadillac insiste aussi sur l’importance du kilométrage accumulé à Bahreïn. Avec plus de 1 600 kilomètres parcourus, l’équipe dispose d’un volume de données inédit pour une structure débutante, sans qu’aucune faiblesse majeure n’ait été identifiée à ce stade.
"Si nous avions un problème de fiabilité sérieux ou évident, ce serait extrêmement préoccupant," reconnaît Lowdon.
"De la même manière, si nous avions un problème de comportement très marqué ou quelque chose de ce genre, ce serait inquiétant. Mais globalement, nous n’avons rien de tout cela. J’ai vraiment l’impression que nous avons une base sur laquelle nous pouvons développer une F1 relativement compétitive pour une toute première année dans ce sport."
Conscient de l’incertitude propre aux essais hivernaux, Lowdon garde néanmoins les pieds sur terre quant à la hiérarchie réelle du plateau.
"Ce qui rend les essais de pré-saison si intéressants, c’est que personne ne sait vraiment où se situe l’ordre des forces. Nous sommes très réalistes sur la performance, sur la difficulté à la générer, et aussi sur le niveau auquel certaines équipes vont se situer."
"Mais je crois fermement que nous avons désormais une base qui nous permet, en tant qu’équipe, d’aller de l’avant. Et c’est probablement le maximum que l’on puisse demander à une nouvelle équipe, sauf miracle absolu."
Lowdon rappelle enfin que Cadillac évolue dans les mêmes contraintes que ses rivales.
"Nous sommes soumis aux mêmes lois de la physique que toutes les autres équipes. Nous évoluons dans un environnement avec plafond budgétaire. Nous avons dû déployer énormément d’efforts et d’énergie simplement pour démarrer en tant que nouvelle équipe dans ces cadres stricts."
"Avoir absorbé tout cela et disposer malgré tout d’une plateforme sur laquelle je pense que nous pouvons construire, c’est un début vraiment, vraiment encourageant."