Alors que la FIA finalise les contours de son système d’aide aux motoristes en difficulté, les fameuses ADUO (Additional Development and Upgrade Opportunities), Laurent Mekies a apporté son soutien au principe tout en rappelant que Red Bull Racing entend aussi en tirer parti.
Dans un contexte de débats croissants sur l’ampleur que doit prendre ce mécanisme, notamment après les déclarations de Toto Wolff estimant que Honda devrait être le principal bénéficiaire, le directeur de l’équipe autrichienne adopte une position mesurée.
"Je pense que Toto a raison. Les ADUO sont là pour permettre de revenir, pas pour dépasser tout le monde. Dans ce sens, je suis totalement d’accord avec lui," affirme-t-il.
Le Français rappelle toutefois que son équipe, engagée dans une nouvelle ère moteur avec le soutien de Ford, reste concernée par ce dispositif.
"Tout le monde a fait un effort extraordinaire pour amener le moteur à son niveau actuel. Mais est-il au niveau des meilleurs ? Certainement pas," reconnaît-il.
Pour autant, Red Bull espère combler l’écart grâce à ces opportunités supplémentaires.
"Est-ce que nous pensons faire partie de ceux qui vont réussir à réduire l’écart ? Oui, nous espérons clairement être dans cette catégorie. Mais est-ce que cela doit nous permettre de dépasser les autres d’un seul coup ? Non, absolument pas."
En coulisses, la Fédération Internationale de l’Automobile continue de peaufiner les modalités d’application de ce système, ainsi que son calendrier de mise en œuvre. Le directeur technique monoplaces, Nikolas Tombazis, a notamment détaillé la méthode retenue pour évaluer les écarts de performance entre motoristes.
"La puissance est calculée sur une base pondérée par tour : là où elle est la plus importante, typiquement au début des lignes droites, elle compte davantage que dans les zones où elle l’est moins," explique-t-il. "Pour chaque course, nous prenons la meilleure voiture de chaque motoriste, nous collectons des données sur de nombreux tours et nous calculons une moyenne."
Concernant le calendrier, Tombazis indique que le dispositif ne sera pas introduit immédiatement après Miami, à cause de l’annulation de Sakhir et Djeddah.
"Nous sommes encore en phase d’évaluation. Il nous reste au moins un mois avant les premiers résultats liés aux ADUO, donc nous aurons au minimum Miami et aussi le Canada à intégrer dans nos calculs. Nous n’avançons donc pas le calendrier car il nous faut des données précises et sur plusieurs types de circuits," précise-t-il.
Cette échéance suggère donc une entrée en vigueur probable à partir du mois de juin, possiblement autour du Grand Prix de Monaco.