Le directeur sportif d’Aston Martin F1, Andy Stevenson, évoque l’approche de l’équipe avant le dernier Grand Prix de Hongrie, qui précède la trêve estivale, et explique pourquoi il a toujours hâte de revenir à Budapest.
La saison 2025 de Formule 1 se mettra en pause pendant quatre semaines après ce week-end. Cette 14ᵉ manche du championnat, disputée sur le Hungaroring, marque en effet la dernière course avant la fermeture des usines.
Pour Andy Stevenson, la passion pour la course reste intacte. Enthousiaste à l’idée de retourner à Budapest, il partage sa vision de la saison de l’équipe.
Quelle est l’approche de l’équipe pour le dernier Grand Prix avant la pause estivale ?
"Cette période de l’année est toujours très excitante. On se rapproche de la trêve estivale et tout le monde donne le maximum. C’est comme au football : on essaie de marquer juste avant la mi-temps pour rentrer aux vestiaires avec un avantage. Le coup de sifflet de la mi-temps est sur le point de retentir, donc on veut terminer cette première partie de saison sur une note positive et créer une dynamique pour la suite. La bataille au milieu de grille est extrêmement serrée, mais nous sommes en plein dedans. Il faut continuer à pousser, rester concentrés et saisir chaque opportunité de marquer des points précieux."
Quels avantages offre la trêve estivale dans une saison de 24 Grands Prix ?
"C’est extrêmement important d’avoir un moment pour se reposer, car les saisons sont très longues. Elles sont passionnantes, bien sûr, mais elles demandent énormément d’énergie. Alors avoir du temps pour recharger les batteries, c’est formidable. Le fait que tout le sport s’arrête pendant cette période est génial, car cela veut dire qu’il n’y a rien qui tombe dans votre boîte mail. Cette pause est essentielle pour tout le monde, car on sacrifie beaucoup. Les gens qui travaillent au AMR Technology Campus comme ceux qui voyagent avec l’équipe passent de longues heures à fournir un travail intense, et leurs familles les soutiennent énormément. Cette coupure permet de leur rendre un peu de ce temps. Deux semaines, c’est peut-être un peu trop long pour moi, cela dit. Je suis vite pressé de reprendre !"
La F1 regarde déjà vers l’avenir, avec les changements de règlement de 2026. À quel point la préparation est-elle déjà avancée ?
"Ces derniers temps, une grande partie de mon temps est consacrée à 2026, et moins à 2025. Cette saison est déjà lancée, on a bien sûr encore du développement à faire, mais on travaille déjà énormément en amont pour 2026. Il faut jongler avec beaucoup d’éléments, et parfois, j’ai même du mal à me souvenir en quelle année on est ! Il m’arrive de rédiger des mails pour 2025, et d’écrire ‘2026’ par erreur, tellement j’y pense. On a déjà réglé beaucoup de choses, comme les hôtels et les vols, pendant que la conception de la voiture de l’année prochaine se poursuit. Nous collaborons avec Honda, notre nouveau motoriste, et nous développons aussi notre propre boîte de vitesses."
Vous serez bientôt en Hongrie. À quel point appréciez-vous Budapest et le Hungaroring ?
"L’arrivée du Hungaroring au calendrier en 1986 a marqué un tournant : la F1 passait derrière le rideau de fer. C’était une démarche très audacieuse, amenant un sport mondial dans une région qui n’y avait pas accès, et cela fait désormais partie des classiques du championnat. Je vais à Budapest depuis 1991, et chaque année, nous sommes accueillis avec beaucoup de chaleur. C’est une ville fantastique, avec une excellente gastronomie, une vie nocturne animée, une belle architecture… Et ce qui est unique, c’est d’avoir un circuit aussi établi à seulement 20 minutes du centre-ville, il y a donc toujours une grande affluence. Les pilotes adorent le Hungaroring, même s’il est difficile d’y dépasser. Ils n’ont que très peu de temps de repos sur un tour, à part dans la ligne droite principale, mais ils aiment ce défi. Lance et Fernando le comparent à une piste de karting : virage après virage, une petite pause sur la ligne droite, et c’est reparti. Cette année, il y a eu beaucoup de travaux de réaménagement sur la ligne de départ/arrivée, mais une grande partie du circuit reste fidèle à sa version d’origine, ce qui lui donne encore plus de caractère. Et la météo peut aussi jouer un rôle important, avec des orages parfois très violents qui se forment en après-midi à cette période. En dehors du circuit, l’une de mes activités préférées à Budapest, c’est de me lever tôt et d’aller courir autour de l’île Marguerite, au milieu du Danube. C’est magnifique."