La FIA poursuit ses ajustements en ce début de saison 2026 de Formule 1. Son directeur des monoplaces, Nikolas Tombazis, a détaillé les contours d’un nouveau dispositif destiné à améliorer la sécurité au départ, qui sera testé dès le week-end du Grand Prix de Miami.
Le principe est simple : une monoplace en difficulté au moment de s’élancer pourrait recevoir une assistance ponctuelle du MGU-K afin de "réduire les risques liés au départ" après les inquiétudes apparues lors des premières manches de la saison. Un point clé toutefois : cette aide ne doit pas procurer d’avantage sportif.
Ce système, dévoilé lundi dernier dans le cadre des récents ajustements réglementaires liés aux groupes propulseurs, ne sera pour l’instant testé qu’en essais. Il s’agit d’ailleurs du seul élément qui n’est pas immédiatement intégré au règlement, car il reste soumis à une phase de validation.
Nikolas Tombazis en précise le fonctionnement : "En gros, il y a une détection de la qualité de l’accélération de la voiture peu après le départ."
"Et si celle-ci est en dessous d’un certain seuil, alors le système s’active. Pour vous donner un ordre d’idée, je pense que cela serait intervenu cette année à deux ou trois reprises au total."
Le dirigeant de la FIA donne des exemples concrets.
"Je ne pense pas que cela serait intervenu, par exemple, lors du mauvais départ de Max Verstappen en Chine."
"Cela serait certainement intervenu sur le départ de Liam Lawson en Australie, sans aucun doute. Je pense que le départ de Verstappen en Chine n’aurait pas atteint ce seuil d’intervention."
Il n’y a donc pas de risque non plus de voir les super départs de Ferrari gommés par rapport à ceux plus difficiles de Mercedes F1 et McLaren, qui ont choisi une autre philosophie de turbo, plus gros.
La FIA insiste sur un point central : ce dispositif ne doit en aucun cas devenir un outil stratégique.
"Nous avons été clairs : ce n’est pas censé être un mécanisme qui inciterait les gens à l’utiliser volontairement, si vous voyez ce que je veux dire, pour en tirer un bénéfice," affirme Tombazis.
"Ce système transformerait un départ catastrophique en un mauvais départ. Il ne transformerait pas un mauvais départ en un bon départ."
Pour éviter toute dérive, une solution radicale avait même été envisagée.
"Lorsque nous avons discuté de cette option avec les équipes, nous avions proposé que si ce mécanisme s’activait pour une voiture, elle doive effectuer un drive-through à la fin du premier tour, afin de décourager complètement toute tentative d’exploitation."
"Mais cette idée n’a pas été retenue. La position unanime des équipes était que, dans ce scénario, elles sont déjà en difficulté et hors de contrôle, et que cela ne serait donc pas nécessaire. Et nous avons accepté cela."
"Mais si nous constatons, pour une raison quelconque, que nous avons manqué quelque chose et que certains commencent à l’utiliser à leur avantage, alors nous interviendrons bien sûr. Mais nous ne pensons pas que ce sera le cas."
Le système sera uniquement disponible lors des essais de départs à Miami, mais la FIA analysera également les départs réels, que ce soit en course sprint ou en Grand Prix.
"Nous allons surveiller les vrais départs et voir ce qui se serait passé, mais il y aura aussi des départs en essais lors de ces courses," explique Tombazis.
"Comme nous avons décidé de procéder ainsi, nous voulons effectuer ces quelques essais supplémentaires avant de l’introduire en course. Il ne sera donc pas disponible au départ du Grand Prix à Miami."