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Comment la F1 va décider de l’évolution de ses règles en deux temps

Une réunion technique pour analyser, une réunion pour décider ensuite

Par Franck Drui - 8 avril 2026 - 07:22
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On en sait un peu plus sur le calendrier de la FIA et des équipes pour ce mois d’avril pour évoquer les ajustements réglementaires concernant les Formule 1 de 2026.

Nous le savions déjà, la première réunion très attendue de la FIA doit se tenir ce jeudi, avec en ligne de mire l’étude technique des premiers changements éventuels pouvant être introduits dès cette saison, peut-être même dès Miami. Mais si des évolutions semblent désormais inévitables, le processus ne fait que commencer et ce n’est pas à l’issue de cette réunion que nous aurons des décisions.

En effet, sous la houlette de Nikolas Tombazis, cette réunion virtuelle rassemblera les représentants techniques des équipes et des motoristes. L’objectif : discuter des pistes d’amélioration issues des données collectées lors des essais hivernaux et des trois premières courses de la saison.

Aucune décision définitive ne sera prise à ce stade. Il faudra attendre une seconde réunion, prévue le 20 avril, réunissant cette fois les directeurs d’équipe, la FIA et le patron de la F1, Stefano Domenicali. Les mesures évoquées lors du 9 avril seront débriefées puis soumises au vote de la Commission F1.

Les mesures validées devront ensuite être entérinées par le Conseil Mondial du Sport Automobile. Si tout s’accélère, certaines pourraient être introduites dès le Grand Prix de Miami, dont les premiers roulages interviendront seulement onze jours après cette réunion décisive.

Un besoin de recul désormais comblé

Ces dernières semaines, un consensus s’était dégagé : il fallait attendre d’avoir roulé sur plusieurs types de circuits pour juger pleinement l’impact du règlement 2026.

Avec trois sessions d’essais et trois week-ends de course désormais disputés, dont un Sprint, les équipes disposent enfin d’un échantillon représentatif. La pause imprévue liée à l’annulation des Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite a d’ailleurs offert une fenêtre idéale pour analyser ces données.

Résultat : une dynamique de changement semble désormais enclenchée. Face aux critiques exprimées par les pilotes et les fans, notamment sur le déroulement des qualifications, certaines parties initialement réticentes se montrent désormais plus ouvertes à des ajustements.

Le format actuel, fortement influencé par la gestion de l’énergie, est pointé du doigt pour s’éloigner de l’image traditionnelle d’un exercice à pleine attaque. Un premier signe d’ouverture a déjà été observé à Suzuka, où la FIA a réduit la limite maximale d’énergie récupérable en qualifications de 9 à 8 MJ, preuve d’une volonté d’expérimenter.

Un autre sujet majeur devrait dominer les discussions : la sécurité. L’accident d’Oliver Bearman, survenu en tentant de dépasser Franco Colapinto au Grand Prix du Japon, a mis en lumière les dangers liés aux écarts de vitesse importants.

Ces différences surviennent lorsque certains pilotes déploient leur énergie tandis que d’autres en récupèrent, entraînant des variations de vitesse potentiellement dangereuses. Dans un contexte où la sécurité prime, il devient difficile pour une équipe ou un motoriste de s’opposer à des changements visant à réduire ces écarts.

Le sujet avait déjà été évoqué, mais cet incident a renforcé l’urgence d’agir, attirant notamment l’attention du GPDA, l’Association des pilotes de Grand Prix.

Parmi les solutions envisagées figure une augmentation de la puissance du superclipping (batterie qui se recharge alors que le pilote est à fond sur l’accélérateur), qui pourrait passer de 250 kW à 350 kW. L’objectif : limiter le phénomène de lift and coast (roue libre en mode récupération d’énergie) en fin de ligne droite et homogénéiser les vitesses.

Mais les implications sont complexes, et toute décision devra s’appuyer sur une analyse approfondie.

Parallèlement, d’autres ajustements sont à l’étude pour rendre les qualifications plus représentatives de la performance pure, en réduisant l’influence de la gestion énergétique : moins d’énergie à récupérer sur un tour rapide, possibilité de voir l’aérodynamique active utilisée de manière libre, tout a été détaillé dans notre article la semaine dernière.

Reste à savoir à quelle vitesse ces changements pourront être mis en œuvre. Certaines mesures pourraient être introduites rapidement, dès Miami, tandis que d’autres nécessiteront davantage de temps pour être développées et intégrées par les équipes et les motoristes.

Au-delà du court terme, une réflexion plus globale est déjà engagée pour 2027, avec la perspective de modifications plus profondes du règlement moteur, avec l’augmentation de la puissance du moteur thermique. Mais parvenir à un consensus sur ces évolutions de fond s’annonce bien plus complexe et devrait faire l’objet de discussions séparées. Même si le temps presse pour les motoristes !

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