Au moment d’aborder une des révolutions techniques les plus complexes de l’histoire récente de la Formule 1, Red Bull sait qu’elle s’engage sur un terrain inédit. Mais pour Ben Hodgkinson, directeur technique de la structure moteur de Red Bull, l’écurie autrichienne dispose d’un atout de poids : le talent hors norme de Max Verstappen.
Cette nuit à Detroit, Red Bull a officiellement dévoilé la livrée de la RB22 lors d’un événement spectaculaire organisé par son nouveau partenaire technique, Ford. Une présentation symbolique, marquant le début d’une nouvelle ère pour l’équipe de Milton Keynes, désormais engagée dans l’aventure du moteur maison, mais aussi privée de ses deux figures historiques, Christian Horner et Helmut Marko.
Avec l’entrée en vigueur du règlement moteur 2026, Red Bull devient pour la première fois constructeur de ses propres unités de puissance, fournissant à la fois l’équipe principale et Racing Bulls, également présente à Detroit pour dévoiler sa livrée 2026.
Un défi colossal pour l’écurie autrichienne, qui ne dispose pas de l’expérience accumulée par des motoristes établis comme Mercedes, Ferrari ou Honda. La difficulté est renforcée par la complexité du nouveau règlement, basé sur une répartition quasi équivalente entre puissance électrique et moteur thermique.
Cette nouvelle architecture impliquera une gestion bien plus poussée de l’énergie en course, avec une implication accrue du pilote dans les choix stratégiques. Un aspect sur lequel Ben Hodgkinson se montre particulièrement confiant.
Hodgkinson a expliqué en quoi Verstappen pourrait faire la différence dans ce contexte réglementaire inédit.
"Je pense que la vraie valeur de Max dans ce règlement va vraiment apparaître lorsqu’il aura la voiture en main en piste," affirme-t-il aux médias.
"Évidemment, il a déjà roulé sur le simulateur, donc il a déjà donné quelques retours sur la manière d’utiliser tous les systèmes au mieux. Mais rien ne vaut la piste."
Le directeur technique insiste sur l’importance stratégique du système électrique dans la performance globale.
"Avec ces règlements, la part de puissance issue de l’ERS - la FIA parle de 50 %, c’est un peu moins que ça mais on s’en approche - représente une portion tellement importante de la performance de l’unité de puissance, et elle peut être déployée de différentes manières stratégiques."
"Je pense donc qu’il va y avoir beaucoup plus de choses à gérer pour le pilote. Il y aura pas mal de choix à faire et de stratégies à mettre en place."
Dans ce contexte, Hodgkinson estime que les capacités cognitives et la rapidité d’analyse de Verstappen pourraient offrir un avantage décisif à Red Bull.
"Je pense que Max va nous donner un avantage à ce niveau-là, parce que sa capacité à traiter des informations tout en roulant à plus de 300 km/h est, à mon avis, absolument de classe mondiale."
"Je suis vraiment impatient de voir ce qu’il va être capable de faire avec ça."
A ses côtés, Max Verstappen a souri.
"Je ne peux pas faire de miracles non plus ! L’écart sera plus important entre les équipes. C’est toujours le cas avec les nouvelles réglementations."
"Il y aura une ou deux équipes nettement plus performantes que les autres. Mais j’espère qu’avec le temps, le classement se resserrera. Et qui sait, peut-être que nous commencerons devant ?"
"Je pense que, surtout avec ces règles, qui semblent assez complexes, il ne sera pas facile pour tout le monde de prendre le large dès le départ."