Nommé récemment directeur de la compétition d’Audi en Formule 1, Allan McNish a vécu à Miami son tout premier week-end à la tête des opérations en piste. Une entrée en matière contrastée pour l’Écossais, dont l’équipe a affiché un rythme prometteur sur un tour sans parvenir à concrétiser en course.
Successeur de Jonathan Wheatley, l’ancien pilote Toyota en F1 et triple vainqueur des 24 Heures du Mans a pris en main les activités en piste pour la première fois dans un contexte exigeant. Malgré de bonnes performances en qualifications lors du Grand Prix de Miami, Audi a enchaîné un troisième week-end sans inscrire de points, la faute à des problèmes de fiabilité ayant affecté ses deux monoplaces.
Un bilan mitigé qui n’entame toutefois pas l’enthousiasme du nouveau responsable.
"C’était bien," a-t-il confié. "Je vis pour la course. J’ai vécu pour la course toute ma vie, depuis que j’ai 11 ans. C’est ce que j’aime, c’est ce qui me motive à me lever le matin, c’est ma passion."
"Quand je dis que je vis pour la course, je ne rentre pas chez moi heureux sauf si nous avons gagné. Et je sais que ce n’est pas toujours le cas, parce qu’en compétition, au cours d’une carrière, on perd plus qu’on ne gagne. C’est simplement la réalité statistique, sauf peut-être pour un ou deux."
Pour McNish, l’essentiel reste ailleurs : "La réalité, c’est que cet environnement est celui de ma vie, c’est ma carrière, c’est mon hobby, c’est ma passion. C’est bien d’être ici. L’alternative ne l’est pas."
Si les anciens pilotes ne sont pas les profils les plus courants à ces postes, souvent occupés par des ingénieurs, l’Écossais peut s’appuyer sur une solide expérience, notamment acquise en dirigeant le programme Formule E d’Audi vers le titre.
Face aux médias, il n’a pas caché une certaine excitation mêlée de pression en intégrant ainsi un tel poste en F1.
"Je suis en fait plus nerveux maintenant qu’à n’importe quel autre moment," a-t-il plaisanté. "J’ai déjà été sur des circuits quelques fois (rires). Ce n’est pas la première fois, donc je comprends comment les choses fonctionnent, pour ainsi dire."
Conscient des forces et des faiblesses de son équipe, McNish souligne que les défis ne se limitent pas aux opérations en piste.
"Évidemment, nous avons beaucoup d’expérience dans de nombreux domaines au sein de l’équipe, ce qui est positif. Nous partons de Sauber, une équipe établie. Je savais que pas mal de choses sur lesquelles nous devions travailler ne sont pas liées à l’opérationnel, qui est déjà bien rodé."
Le week-end de Miami a également été marqué par une forte activité hors piste pour Audi.
"C’est en réalité le plus grand événement que l’équipe ait connu d’un point de vue marketing et communication, avec des événements en centre-ville, donc il y avait tout un ensemble d’autres choses en plus de ce qui se passait sur le circuit, les premiers tours de démonstration, et ce genre de choses."
"Donc cela concernait en fait de nombreux domaines, au-delà du simple aspect opérationnel du rôle de directeur sportif, qui est pourtant ce que vous devez gérer."
McNish conclut avec une pointe d’humour : "Je dois peut-être essayer de reprendre un peu de temps pour moi. Cela tombe bien on a trois semaines avant le Canada ! Le temps de digérer un peu ce premier Grand Prix."