L’IA a-t-elle déjà entrainé une révolution en Formule 1, comme dans d’autres secteurs technologiques et économiques ?
Si l’on sait que la F1 utilise bien évidemment les capacités de traitement de données par l’intelligence artificielle – comme Red Bull avec son sponsor et partenaire Oracle – il est aussi un domaine où l’IA pourrait changer la donne : les prévisions météo.
Alors que Météo France était le partenaire historique du sport, la FIA a changé son fusil d’épaule, en signant avec la société d’intelligence météorologique Tomorrow.io, qui utilise un modèle soutenu par satellite et piloté par l’IA. Signe des temps (sans jeu de mots) : un acteur traditionnel est remplacé par une start-up dopée à l’IA !
Pour rappel, lire et prédire le ciel est devenu plus aisé avec l’IA, avec des prédictions plus rapides, moins coûteuses, plus précises et ultra-localisées – et forcément quand il s’agit de prédire la météo sur un circuit voire un secteur de circuit, comme à Spa, cela compte !
Comme l’a expliqué Itai Zlotnik, co-fondateur de Tomorrow.io, « l’IA décuple ces capacités. Et dans le bon sens du terme, pas comme un simple mot à la mode. »
Peut-il en dire plus sur les détails concrets de ces améliorations ?
« Les cycles de développement sont rapides. Si quelque chose ne va pas et que vous devez l’affiner, une tâche qui aurait pris deux ans dans le passé prend aujourd’hui environ une semaine. »
« Et pour les modèles, des choses qui étaient extrêmement complexes par le passé, comme l’effet tunnel, l’IA peut vous aider à les analyser très rapidement. »
« Au cours des deux ou trois dernières années, l’IA a fait pour le monde des sciences atmosphériques ce qui aurait nécessité six ans d’améliorations par le passé. »
« Si nous avions discuté il y a trois ans, j’aurais probablement dit que l’IA ne remplacerait jamais l’existant. Nous voyons maintenant l’IA surpasser tout le reste. »
« Nous espérons que les équipes sentiront qu’elles sont écoutées, et elles auront des mises à jour plus rapides, lanceront leurs boucles de retour d’information et nous pourrons construire quelque chose d’unique basé sur ce partenariat. »
« Il ne s’agit donc pas d’expliquer pourquoi nous pensons que Tomorrow.io est formidable. Il s’agit de ce dont ils ont besoin et de ce qu’ils veulent. »
« Dans le passé, 70 % du globe n’était pas couvert par l’observation ou bénéficiait d’une observation très décalée, datant d’un à trois jours. »
« Avec notre constellation de satellites, nous pouvons fournir un flux d’informations mondial actualisé en moins d’une heure. Et si vous le connectez à la prise de décision par l’IA, cela fait toute la différence. »
« La triste vérité pour nous en tant qu’humanité est que la majeure partie du système météorologique mondial provient des océans. »
« Donc si vous avez une observation en temps réel de ce qui se passe dans les océans – et si nous pensons à une course où il y a un cyclone à proximité – alors vous avez une chance de mieux prédire ce qui va arriver. »
La FIA et Tomorrow.io ont donc conclu un partenariat qui permettra aux équipes d’accéder à des informations plus détaillées en temps réel. De nouveaux portails-info météo seront aussi déployés sur le muret des stands.
Concrètement, la FIA espère ainsi pouvoir, en cas de forte pluie, relancer avec plus de certitude une course au meilleur moment : le but est d’en finir avec les interminables périodes d’attente et de stop-and-go quand le drapeau rouge est déployé ! Quel fan n’a jamais été agacé en voyant que la FIA avait loupé une éclaircie pour relancer la course ?
Chris Bentley, responsable de la stratégie des systèmes d’information de la FIA, en dit plus sur ce qu’attend la Fédération de ce partenariat :
« Tomorrow.io nous donnent des informations avant une séance, pendant une séance et nous mettent à jour constamment. »
« Nous avons besoin de connaître l’évolution des conditions, et s’il y a quoi que ce soit qui affectera ou retardera le roulage. Cela nous permettra de planifier, replanifier et modifier les choses. »
« Prendre en compte la nature critique de l’évolution météorologique fait de plus en plus partie intégrante de notre travail. »
Des prévisions météo plus fiables ne seront pas seulement utiles durant un week-end, mais pourraient aussi aider lorsqu’il s’agit de planifier le calendrier à long terme, poursuit Bentley.
« Nous avons déplacé le Japon à un autre moment du calendrier en raison des effets du changement climatique. »
« Avec les données que nous tirons de cela, cela nous aide également dans la manière dont nous pouvons évaluer les risques liés à la période à laquelle certains événements sont organisés. »
« C’est un changement majeur quant à l’étendue de la technologie dont nous disposons. »
La FIA a stocké des téraoctets de données météorologiques – notamment pour évaluer sa prise de décision au Japon ou lors des nombreux week-ends touchés par la pluie ou à Spa-Francorchamps, à la suite de la farce de 2021 (3 tours seulement derrière la voiture de sécurité).
Pour autant, le fondateur de la start-up, Itai Zlotnik, demeure prudent et ne promet pas à la FIA 100 % de réussite encore ! : « Quand vous essayez de prédire Mère Nature, vous devez rester humble. »