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Développée à Milton Keynes, la Racing Bulls sera-t-elle une ‘Red Bull B’ en 2026 ?

Même campus, même soufflerie… pour une même F1 ?

Par Alexandre Combralier - 20 mai 2025 - 11:10
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Le début d’année de Racing Bulls pourrait être qualifié d’encourageant et de décevant à la fois. L’équipe-fille (ou sœur) de Red Bull a affiché un gros rythme lors des premiers GP… mais qui ne s’est pas concrétisé par une importante moisson de points.

Au classement des constructeurs, Racing Bulls est ainsi seulement 8e, derrière Haas F1 et Aston Martin.

Il a fallu aussi gérer un changement de pilotes, puisque chacun le sait, Yuki Tsunoda est parti au bout de deux courses pour remplacer, chez Red Bull, Liam Lawson... celui-ci faisant le chemin inverse. Dans le même temps Racing Bulls a fermé sa base de Bicester pour s’installer dans un bâtiment voisin de Red Bull, à Milton Keynes.

Pour Planet F1, Laurent Mekies, le directeur d’écurie français de l’équipe, a fait le point sur les projets structurels en cours chez Racing Bulls.

« Nous avons fait beaucoup de changements au cours des 14 derniers mois, lorsque nous avons eu le feu vert pour aller de l’avant avec le projet », a-t-il dit.

« On avance vite, on fait des erreurs, on corrige vite, et on va de l’avant. »

« Donc 14/15 mois après, on regarde en arrière et on se dit : ’Nous avons fait tout ça’, mais ce qu’on a en tête, c’est ce qui reste à faire, vous savez ? On n’a jamais l’impression de s’installer. »

« On se dit : ’Voilà ce que nous devons faire maintenant’, mais ce qui est formidable, c’est de voir que le projet est vivant, que nous avons notre identité, qu’il y a cet esprit spécial autour de nous en ce moment, et que les gens commencent à s’entendre suite à tous les changements que nous avons effectués. »

« Beaucoup de nouvelles personnes, beaucoup de gens nouveaux dans leurs fonctions, et de nombreux défis dans l’organisation, et ça commence à prendre forme, alors que nous sommes conscients qu’il y a une autre étape de cette taille devant nous si nous voulons atteindre nos objectifs. »

Sur le plan des ressources humaines, Racing Bulls a perdu en début d’année Jody Egginton, el directeur technique, qui a rejoint Red Bull Advanced Technologies en tant que directeur de l’ingénierie. Mais selon Laurent Mekies, l’équipe conserve nombre d’atouts.

« Nous pensons avoir une équipe technique très solide avec Tim [Goss, directeur technique en chef], Guillaume [Cattelani, performance voiture], et Andrea Landi [conception voiture]. »

« Nous avons Alan [Permane] sur le circuit et beaucoup, beaucoup d’autres personnes qui ont accédé à de nouveaux rôles, ou qui sont arrivées dans de nouveaux rôles de l’extérieur, à travers l’entreprise. »

« Nous sentons que nous avons une base de talents incroyable à Faenza et Milton Keynes. Maintenant, nous sentons vraiment que nous avons besoin que ces gars-là s’harmonisent, mais en termes de talent, nous sentons que nous avons les bonnes personnes et c’est un secteur compétitif – nous n’allons pas surpasser les autres équipes de milieu de peloton en étant plus gros, en dépensant plus d’argent, parce que ça n’arrivera pas. »

« Notre opportunité est de garder les choses simples, de garder les choses précises, et de garder les choses très directes. Par conséquent, la connexion humaine, personnelle, ou interpersonnelle de ces personnes clés et, plus généralement, de notre groupe, est notre principale carte à jouer avec ces grands noms. »

« Nous avons donc passé beaucoup de temps à essayer de construire le bon niveau d’harmonie et le bon esprit et la bonne énergie dans l’équipe afin que nous puissions rester simples, directs, et obsédés par la performance. Ne pas chercher de coupable et pas de bêtises, c’est ce que nous essayons de faire. »

Quelle compétitivité l’an prochain ?

Si Racing Bulls finit à la 8e place au classement des constructeurs, cela comportera au moins un avantage : disposer de plus de temps en soufflerie et CFD pour l’an prochain, alors que la révolution réglementaire de 2026 sera à peine enclenchée.

On en parle assez peu mais comme Red Bull, Racing Bulls aura aussi une nouvelle unité de puissance l’an prochain, celle développée par Red Bull Powertrains et Ford. Une unité de puissance dont la compétitivité inquiète…

Alors où se situera Racing Bulls l’an prochain selon Laurent Mekies ? Le directeur d’écurie craint-il une saison blanche ?

« La vérité, c’est que personne ne sait où en sont les autres », a-t-il dit.

« Donc la réalité est que vous faites des tests sur ces règlements, et alors vous voyez qye vous subissez une grosse perte de performance, vous commencez à récupérer cette performance à un certain rythme, et vous espérez que ce point où vous êtes n’est pas trop loin de là où sont les autres à ce moment-là. »

« Mais vous n’avez aucun moyen de comparer cela à qui que ce soit. Donc je ne pense pas que quiconque se sente confiant à ce stade. »

« En plus de cela, vous avez l’équilibre délicat entre les allocations de ressources que vous décidez d’avoir entre 2025 et 2026 et, comme vous l’avez vu, nous sommes dans un milieu de peloton fou cette année. Le milieu de peloton maintenant, c’est tout ce qui se trouve après les quatre premiers, en gros. »

« Si vous êtes en retard d’un dixième ou d’un dixième et demi, vous ne marquerez aucun point pendant plusieurs courses ! C’est donc un compromis difficile à faire. »

Puisque Racing Bulls dispose aussi d’une base commune avec Red Bull sur le campus de Milton Keynes, la question des synergies, un serpent de mer pour cette équipe, va-t-elle enfin être résolue ? Mekies compte-t-il copier tout ce qui sera possible de copier sur la Red Bull de l’an prochain ?

« Je pense que, d’un point de vue synergie, nous sommes là où nous voulons être, dans la mesure où les règlements vous permettent de partager certains composants et nous les partageons. »

« Honnêtement, l’accent est davantage mis sur ce qui ne relève pas des synergies, c’est-à-dire tout ce que nous concevons et produisons à Faenza ou à Milton Keynes – c’est là que nous devons franchir la prochaine étape si nous voulons avoir une autre percée en termes de performance. »

« D’un point de vue synergies, je pense que cela a été réglé très tôt dans le processus. »

Mekies reste donc assez évasif... faut-il s’attendre à des synergies frappantes pour la concurrence, en 2026 ?

Une relation saine avec Peter Bayer

Contrairement à ce qui semble se passer chez Audi, le travail entre le directeur d’écurie (Laurent Mekies) et le PDG (Peter Bayer) semble bien se passer. Le premier gère le sportif, le deuxième le commercial, pour simplifier.

« La relation avec Peter est brillante » confirme Laurent Mekies. « Honnêtement, c’était facile dès le premier jour, parce que nous nous connaissions d’avant. »

« Mais il est également juste de dire que, un an plus tard, elle est plus riche qu’elle ne l’était il y a un an. Nous avons deux périmètres bien définis. Nous sommes tous les deux assez honnêtes pour savoir qu’il y a tellement à faire dans nos périmètres respectifs que la dernière chose que vous voudriez faire est d’aller dépenser de l’énergie sur le périmètre de l’autre. »

« Mais, également, nous nous apprécions et nous nous connaissons suffisamment pour savoir que, à huis clos, nous pouvons obtenir les conseils de l’un sur les périmètres de l’autre, nous confronter en tant que managers, et nous remettre en question dans les décisions que nous prenons. »

« Je ne pense pas que cela pourrait être mieux que ce que c’est maintenant. C’est un type de leadership très unique que nous avons ; je ne vois aucune autre équipe de F1 ayant un PDG et un directeur d’équipe au même niveau, se partageant les périmètres. Mais ça fonctionne extrêmement bien. Je ne peux pas imaginer comment ça pourrait être mieux en ce moment. »

« Je ne pense pas que vous ayez besoin de changer de personnalité en montant en grade. Vous réalisez simplement que tout dépend de vos gens, et tout ce que vous devez faire, c’est bien traiter vos gens, du matin au soir. »

« Je ne crois pas que ce soit une question de styles de leadership. Je crois que c’est une question de leadership. Ensuite, vous pouvez avoir un million de styles différents, mais ce qui compte, c’est que vous essayiez de mettre les gens dans les meilleures conditions. »

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