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Domenicali recadre Verstappen et Hamilton : ’ce n’est pas correct’

Le PDG défend fermement la F1 de 2026 mais reste ouvert aux changements

Par Franck Drui - 7 mars 2026 - 04:21
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Le débat autour de la réglementation 2026 de la Formule 1 continue évidemment d’animer le paddock à Melbourne. Alors que plusieurs pilotes de premier plan ont exprimé leurs réserves après les premiers essais des nouvelles monoplaces, le président-directeur général de la F1, Stefano Domenicali, a répondu de manière assez ferme à ces critiques, estimant qu’il est "mauvais" pour les pilotes de dénigrer publiquement le championnat.

Les nouvelles F1, qui donnent une place beaucoup plus importante à l’énergie électrique, nécessitent notamment une gestion plus intensive de la batterie. Une évolution qui a reçu un accueil mitigé dans le paddock, Max Verstappen étant sans doute le critique le plus vocal.

Avec les nouveaux moteurs, la puissance électrique maximale a été triplée pour atteindre 350 kilowatts. Cela implique que des phases de « lift and coast » - lever le pied et se laisser ralentir avant un freinage afin de recharger la batterie - doivent être utilisées à différents moments du tour.

Verstappen n’a pas tardé à attaquer cette nouvelle philosophie, allant jusqu’à qualifier la méthode d’anti-course et la comparant à une Formule E sous stéroïdes lors des essais de Bahreïn. Le Néerlandais a également laissé entendre que ces règles ne jouaient pas en faveur de la longévité de sa carrière en F1.

Lewis Hamilton s’est lui aussi rangé dans ce camp critique. Le septuple champion du monde a notamment déclaré, après avoir effectué un tour de qualification en levant le pied à certains endroits, que cela n’était "pas de la course".

Même le champion du monde en titre, Lando Norris, qui s’était montré initialement optimiste à propos de ces règles, a depuis revu sa position pour livrer une analyse plus pessimiste.

Lors d’un entretien avec Stefano Domenicali sur le plateau de Sky Sports F1, Martin Brundle a souligné cette vague de critiques venant de pilotes majeurs du plateau.

"Certains pilotes, les gros calibres, en particulier Lewis et Max, ont été assez critiques, très rapidement, après avoir pris le volant de ces voitures," a rappelé l’ancien pilote de F1 britannique, consultant de longue date de Sky.

Une réaction qui n’a pas vraiment plu au patron de la discipline.

"Je pense que ce n’est pas juste, de manière générale, de parler en mal de notre incroyable univers qui permet à chacun d’entre nous de grandir. Et c’est la seule chose que je dirai : ce n’est pas correct," a répondu Domenicali.

"Mais j’écoute toujours. Il faut faire preuve de prudence. Il y a une évolution, une évolution du pilotage. Cela signifie que le meilleur pilote sera capable d’être le plus rapide."

Le principal objectif du nouveau cycle réglementaire, qui met davantage l’accent sur l’énergie électrique et introduit les carburants renouvelables, était d’attirer de nouveaux constructeurs en Formule 1.

Sur ce plan, la mission est déjà largement accomplie : Audi a rejoint officiellement la discipline, Ford s’est associé à Red Bull et Cadillac prépare également son arrivée avec son propre moteur, tandis que Honda a finalement fait marche arrière sur son projet de retrait.

Pour Domenicali, atteindre cet objectif était "absolument essentiel".

Il compte désormais sur le génie des ingénieurs de la F1 pour faire rapidement progresser les performances des nouvelles monoplaces. Dans le même temps, il assure que la porte reste ouverte à des ajustements si le spectacle en piste ne répond pas aux attentes.

"Nous voulions attirer davantage de constructeurs," a expliqué Domenicali. "Nous savions que le carburant durable était un élément qui serait attractif pour eux, en sachant qu’en matière de mobilité, les constructeurs ne doivent pas se concentrer uniquement sur l’électrification, et c’est pour cela que ce projet a commencé."

Le patron de la F1 est convaincu que les performances progresseront rapidement.

"Je pense que la possibilité de développer cette voiture, à la fois du point de vue de l’ingénierie et aussi du point de vue du pilote, nous permettra très, très rapidement de voir une voiture qui sera plus rapide. Le monde des ingénieurs derrière la F1 est incroyable."

Enfin, Domenicali rappelle que les discussions restent ouvertes avec la FIA et les équipes.

"L’approche que nous avons déjà évoquée lors de la dernière Commission F1 avec la FIA et les équipes est très ouverte. Si nous voyons quelque chose qui doit être corrigé, nous allons le corriger de cette manière. Je pense que nous sommes aujourd’hui dans un groupe de directeurs d’équipe très ouverts, où tout le monde réalise que s’il y a quelque chose d’évident à faire pour améliorer la situation, pourquoi pas ? Faisons-le."

Un autre consultant de Sky F1, le champion du monde 2009 Jenson Button, a également réagi aux propos de Domenicali.

S’il estime que la réglementation mérite d’être jugée sur la durée, l’ancien pilote britannique voit aussi un aspect positif dans ces critiques publiques.

"Je pense aussi que c’est bien que les pilotes aient un avis tranché, parce que c’est aussi pour cela que le sport est là où il est aujourd’hui : nous voyons les coulisses, nous découvrons les personnalités des pilotes. Donc j’aime le fait qu’ils soient francs."

"Mais oui, nous devons leur laisser un peu de temps."

"Un pilote de course veut la voiture la plus rapide possible, celle qui a le plus d’appui, le plus de puissance, celle qui lui procure la plus grande montée d’adrénaline. Cela sera toujours le cas."

"Mais rien de tout cela ne compte vraiment si vous êtes en course et que vous ne pouvez pas vous battre. Ces voitures devraient permettre de mieux se battre en piste, et je pense qu’ils vont les adorer une fois qu’ils seront en course et qu’ils pourront se battre... s’ils peuvent se battre."

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