À quelques jours de l’entrée en course du nouveau règlement technique de la Formule 1, deux figures historiques du paddock tirent la sonnette d’alarme. Bernie Ecclestone et Flavio Briatore redoutent un basculement du sport en 2026, marqué par une complexité excessive et une perte d’identité.
Alors que plusieurs pilotes ont déjà exprimé leur frustration face à l’importance accordée à la gestion de l’énergie sur les nouvelles monoplaces, Ecclestone anticipe un début de saison chaotique.
"Il y aura du chaos et de la confusion au début de la saison : tout le monde devra réapprendre la Formule 1," a-t-il déclaré à RTL.
Selon l’ancien grand patron de la discipline, les nouvelles règles pourraient même désavantager certaines stars du plateau, à commencer par Max Verstappen.
"Les nouvelles règles ne favorisent certainement pas Max Verstappen et son style de pilotage. Ce n’est plus vraiment une question de course. Les évolutions vont vers toujours plus de restrictions pour les pilotes, alors que l’essence de la Formule 1, c’est un championnat du monde de pilotes, pas d’ingénieurs."
Ecclestone s’inquiète également d’un rapprochement inquiétant avec la Formula E, tant sur le plan du spectacle que de la philosophie.
"La Formule 1 moderne est de plus en plus comparable à la Formule E. Le danger, c’est de perdre des fans. J’espère sincèrement que cela n’arrivera pas."
Sur le plan sportif, le Britannique voit Mercedes démarrer fort sous le nouveau règlement.
"Mercedes a l’avantage," estime-t-il. "Russell a du talent, mais il doit montrer son instinct de tueur tout au long de la saison pour devenir champion."
Il élargit ensuite son analyse aux équipes motorisées par Mercedes, tout en espérant un rôle majeur de Ferrari.
"Les équipes motorisées par Mercedes ont de bonnes chances cette année, mais j’espère que Ferrari aura aussi son mot à dire. La Formule 1 bénéficierait d’un titre pour Ferrari."
"Je vois Lewis ne rien lâcher, ne pas vouloir s’arrêter avant d’avoir atteint son objectif. Peut-être que cette année sera la bonne. Ce serait une belle histoire."
L’homme de 95 ans se montre par ailleurs confiant quant aux débuts d’Audi en Formule 1, ainsi qu’au potentiel de son jeune protégé Gabriel Bortoleto, qu’il a lui-même contribué à promouvoir.
"Je pense qu’Audi a tous les ingrédients pour réussir sa première année en Formule 1. Les équipes du milieu de grille sont très proches en termes de performance, et Audi a une carte à jouer dans cette bataille."
"Je suis convaincu que Gabriel Bortoleto sera une menace sérieuse pour Nico Hülkenberg. Le jeune Brésilien est très rapide et capable de devenir champion un jour."
De son côté, Flavio Briatore se montre encore plus tranchant dans son analyse des règles 2026, qu’il juge dangereuses pour l’avenir même du sport.
"La gestion énergétique complexe de cette nouvelle génération de voitures met la Formule 1 en danger de déclin brutal," a-t-il déclaré à Motorsport Japan.
"C’est tout simplement un gaspillage d’efforts d’ingénierie, et les fans ne comprendront pas. A minima, il faudrait expliquer ce qu’il se passe. Pour les pilotes, c’est devenu un jeu totalement différent."
L’Italien établit lui aussi un parallèle direct avec la Formule E avec des arguments toujours aussi douteux...
"Vous vous souvenez de la Formule E ? Di Grassi gagnait quand il avait environ 50 ans. Des pilotes de Formule 1 ont essayé de piloter ces voitures, mais c’était impossible. Pourquoi ? Parce que conduire ces voitures ressemble davantage à une expérience d’ingénierie."
"Et c’est exactement la direction que nous prenons. Normalement, pour dépasser, il faut accélérer. Maintenant, il faut lever le pied et calculer."
Briatore nuance toutefois son propos en saluant l’essor commercial spectaculaire de la Formule 1 ces dernières années.
"Les progrès commerciaux sont impressionnants. Il y a dix ans, nous devions passer des dizaines d’appels commerciaux jusqu’à nous faire mal aux doigts. Aujourd’hui, ce sont les entreprises qui nous contactent."
"C’est un jeu totalement différent désormais. Mais nous devons protéger la course elle-même et la présence d’un son pour les moteurs. C’est ça, la Formule 1."