Le programme de développement pneumatique de Pirelli a débuté hier au Nürburgring dans des conditions loin d’être idéales, perturbant le déroulement initial de cette première journée d’essais.
La séance a en effet démarré par quelques tours d’installation en pneus intermédiaires, conséquence directe des pluies nocturnes ayant laissé une piste détrempée. Malgré l’apparition timide du soleil en fin de matinée, les pilotes ont préféré patienter avant de lancer le programme prévu en pneus slicks, attendant une amélioration des conditions de piste.
Une fois la trajectoire asséchée, Oscar Piastri pour McLaren et George Russell pour Mercedes ont pu entamer le cœur du programme. Les deux hommes ont enchaîné plusieurs relais de huit tours lors de la première phase, évaluant différentes variantes de construction autour du composé C3.
Les solutions jugées les plus prometteuses ont ensuite été testées sur des relais plus longs en fin de journée, notamment par le pilote britannique, afin de valider leur comportement sur un kilométrage plus représentatif. Toutefois, un problème technique est venu perturber le roulage de McLaren, immobilisant la monoplace de Piastri du début de la pause déjeuner jusqu’aux derniers instants de la session.
Sur le plan des conditions, la piste a atteint des températures de 37°C dans les zones exposées au soleil, tandis que l’air ambiant n’a jamais dépassé les 15°C, illustrant les écarts thermiques typiques de l’Eifel.
Côté chronos, Piastri a signé un meilleur tour en 1’35"096, bouclant un total de 65 tours, soit 335 kilomètres. Russell s’est montré plus prolifique, avec 127 tours parcourus (654 kilomètres) et un meilleur temps de 1’33"899.
D’autres photos de la journée d’hier se trouvent sous cet article. Le programme se poursuivra aujourd’hui pour une deuxième et dernière journée d’essais, avec Lando Norris et Kimi Antonelli attendus au volant.
Le Nürburgring retrouve donc cette semaine des monoplaces de Formule 1 en piste, à l’occasion de ces essais organisés par Pirelli. Mais au-delà du simple programme de développement des pneus 2027, cette présence a ravivé un débat plus large : celui d’un éventuel retour du circuit allemand au calendrier du championnat du monde.
"Vous savez, la Formule 1 est aussi très difficile parce que nous n’avons pas l’opportunité de beaucoup rouler, mais c’est la règle," a confié Russell après la journée.
Le pilote de Mercedes regrette notamment certaines limitations.
"Nous avons peu de tests avec les F1 actuelles. Et dans ce cas avec Pirelli, nous ne pouvons pas faire ce que nous voulons. Nous aimerions faire énormément de départs, mais nous n’y sommes pas autorisés."
Même constat du côté de Piastri, qui voit malgré tout du positif dans ces séances.
"Ce n’est pas tout à fait la même chose qu’un week-end de course ou une course. Mais c’est toujours mieux que rien."
Mais très vite, le sujet dépasse le cadre purement technique. Les deux pilotes ont profité de leur présence pour exprimer leur attachement au tracé allemand et leur regret de ne plus voir l’Allemagne figurer au calendrier de la Formule 1.
"J’ai vraiment pris du plaisir à piloter le matin. J’adore vraiment le Nürburgring. J’ai aussi fait quelques tours de la Nordschleife avec Lando et Oscar. J’aime vraiment, vraiment cet endroit. C’est un circuit véritablement traditionnel, à l’ancienne," confie Russell.
"Oui, j’aimerais beaucoup revenir ici pour une course un jour. Évidemment, nous n’avons pas de courses en Allemagne actuellement, mais avec Mercedes, ce serait probablement bien d’en revoir une au calendrier."
Un avis partagé par Piastri, séduit par le caractère unique du tracé.
"C’est un super circuit. Cela fait un moment que je n’y ai pas couru, la dernière fois, c’était en 2019. C’est un tracé à l’ancienne, avec des bosses et des vibreurs très spécifiques, notamment en sortie de virage."
"Il n’y a presque aucune marge d’erreur, c’est de l’herbe et des graviers partout. Certaines sections sont très difficiles et, au volant d’une Formule 1 moderne, le circuit paraît assez étroit par rapport à ceux sur lesquels nous roulons habituellement. Mais c’est toujours génial de revenir sur des circuits aussi historiques."
Interrogé plus directement sur un éventuel retour en Formule 1, le pilote McLaren se montre ouvert.
"Bien sûr. Cela ne me dérange pas. Ce n’est pas mon circuit préféré, mais il est très intéressant et unique. Il y a beaucoup de dénivelé et, bien sûr, l’histoire de cet endroit est aussi très importante. Les pilotes aiment les circuits à l’ancienne. Les vibreurs et les dégagements typiques de ces pistes procurent toujours plus de satisfaction au pilotage quand tout est bien exécuté. Ce serait bien, mais on verra."