La liberté de parole des pilotes en Formule 1 fait de nouveau débat, et cette fois, c’est Juan Pablo Montoya qui hausse le ton face à Max Verstappen. Le Colombien estime que le quadruple champion du monde a franchi une limite dans ses critiques répétées des règles de 2026.
Depuis plusieurs mois, Verstappen s’illustre comme l’un des opposants les plus virulents à la refonte réglementaire de la discipline, allant jusqu’à comparer les monoplaces à Mario Kart ou à de la "Formule E sous stéroïdes".
Alors que la plupart des pilotes ont salué l’ajustement des règles pour Miami, avec des qualifications à fond - dans le sens où aucun virage n’était sacrifié pour la recharge d’énergie - Verstappen a souvent botté en touche lorsqu’on lui a demandé s’il avait apprécié ces changements.
Sa réflexion lorsqu’il a dit que "ça n’allait pas changer le monde" a hérissé les poils de Montoya. Des propos qui nuisent à l’image de la F1.
"Il faut respecter le sport," a-t-il déclaré dans le podcast de la BBC. "Ils ont trouvé des ajustements en quelques semaines à peine, ils ont écouté les pilotes, ils ont fait des efforts."
"Pour moi, ce que font les pilotes, ça me va si vous n’aimez pas les règles, mais la manière dont vous parlez de ce dont vous vivez et de votre propre sport, il devrait y avoir des conséquences."
L’ancien pilote Williams et McLaren ne se contente pas d’un simple rappel à l’ordre et va jusqu’à proposer des sanctions concrètes à l’encontre du Néerlandais.
"Stoppez-le ! Ajoutez sept points à sa licence, huit points à sa licence. Quoi que vous fassiez ensuite, il sera mis sur la touche. Je vous garantis que tout le message serait différent," a-t-il lancé.
Une telle mesure constituerait une intervention particulièrement forte de la part de la FIA, en rapprochant dangereusement Verstappen d’une suspension de course. Une hypothèse bien sûr irréaliste et non prévue par le Code Sportif mais qui souligne l’ampleur du désaccord entre les deux hommes.
Montoya tient toutefois à nuancer son propos, affirmant qu’il ne remet pas en cause le droit des pilotes à exprimer leur opinion.
"Je ne dis pas : ’Ne dites pas que vous n’aimez pas les règles’, parce que si vous ne les aimez pas, vous avez totalement le droit d’avoir une opinion," a-t-il expliqué.
"C’est normal d’être franc. Je ne dis pas de ne pas être franc, mais ne venez pas dire qu’une Formule 1 c’est Mario Kart."
Au-delà des mots, le Colombien évoque également l’influence potentielle des équipes dans ce type de prise de position, laissant entendre que les déclarations des pilotes ne sont pas toujours totalement spontanées.
"Il y a deux choses : ce qu’il ressent vraiment, et ce que l’équipe lui demande probablement de dire," a-t-il avancé.
"La politique du sport est très importante, et le message que les pilotes font passer, ce qu’ils demandent, est souvent guidé. On leur dit : nous devons vraiment pousser pour cela parce que cela va vraiment nous aider."
"Mais dans le cas de Max, je pense que c’est quand même totalement son opinion, pas celle de Red Bull."