Profitant d’une pause forcée et inhabituelle dans le calendrier, Ferrari entend accélérer son programme de développement avec une série d’essais en piste au mois d’avril. Une opportunité stratégique pour la Scuderia, dans un contexte où la hiérarchie reste dominée par Mercedes en ce début de saison 2026.
La Formule 1 observe actuellement une trêve de quatre semaines, conséquence de l’annulation du doublé du Moyen-Orient à Bahreïn et en Arabie saoudite, en raison du conflit en Iran. Contrairement à la pause estivale d’août, aucune fermeture obligatoire des usines n’est imposée aux équipes.
Un contexte idéal pour poursuivre le développement des monoplaces 2026 et approfondir la compréhension de ces nouvelles règles techniques, alors que les écuries disposent désormais de trois Grands Prix de données à analyser. Pour les poursuivants, l’objectif est clair : combler l’écart avec Mercedes, référence actuelle du plateau.
Dans ce cadre, Ferrari a planifié deux sessions d’essais. La première se tiendra sur le circuit du Mugello, propriété de la Scuderia, avec deux journées de roulage en TPC (Testing of Previous Cars) à partir de ce mercredi.
Les titulaires Charles Leclerc et Lewis Hamilton ne seront pas mobilisés pour cette session. Ferrari fera appel à ses pilotes d’essais et de simulateur : Antonio Giovinazzi, Arthur Leclerc et Antonio Fuoco.
Une évolution réglementaire permet cette année d’utiliser une monoplace très récente pour ces essais. Les anciennes voitures à effet de sol étant trop éloignées des concepts 2026, Ferrari pourra ainsi engager la SF-25 de l’an dernier (au lieu d’une monoplace vieille de deux ans), offrant des enseignements bien plus pertinents.
Comme nous vous le rapportions en primeur la semaine passée, la Scuderia enchaînera ensuite avec un second roulage à Monza, prévu les 21 et/ou 22 avril. Cette fois, il s’agira d’une ou deux journées de tournage promotionnel autorisées, permettant de parcourir jusqu’à 200 kilomètres par jour avec la SF-26 actuelle.
Leclerc et Hamilton seront au volant pour cette session, qui, au-delà de son aspect marketing, revêtira une importance technique majeure. Ferrari y collectera des données précieuses, notamment sur les systèmes de récupération d’énergie.
Le choix de Monza n’est pas anodin : le tracé italien, avec ses longues lignes droites et ses faibles zones de freinage, s’annonce comme l’un des circuits les plus exigeants en matière de gestion énergétique avec les règles 2026, au même titre que le Canada qui se déroule en mai.
Ferrari profitera également de ces essais pour évaluer plusieurs évolutions aérodynamiques en vue de leur introduction lors du prochain rendez-vous à Miami, le 3 mai.
Parmi elles figure notamment une version revue de l’aileron arrière surnommé « Macarena », testé puis retiré lors des essais libres du Grand Prix de Chine. Si les résultats sont concluants, cette solution pourrait faire son retour en course en Floride.
Enfin, en dehors des circuits, l’entourage de Lewis Hamilton évolue. Après avoir collaboré avec un ingénieur de course intérimaire, Carlos Santi, lors des premières manches, Cédric Michel-Grosjean, recruté chez McLaren, devrait prendre officiellement la relève à Miami. Ils devraient collaborer lors de ces tests.
Le directeur de l’écurie, Frédéric Vasseur, a clairement indiqué l’importance cruciale de cette période, décrivant Miami comme le début d’un nouveau championnat.
"Tout le monde apportera des innovations à Miami. Les motoristes auront le temps de travailler sur les mises à jour logicielles. Un nouveau championnat débutera là-bas. En qualifications, Mercedes possède une avance de cinq à sept dixièmes de seconde, tandis qu’en course, cet avantage est évidemment moindre."
"Mais nous ne serons pas les seuls à travailler dur entre le Japon et Miami. Toutes les équipes engagées donnent le meilleur d’elles-mêmes pour progresser, et chacune d’entre elles franchira un cap. Nous devons travailler sur tous les aspects ce mois-ci."
Ferrari n’est pas la seule écurie à exploiter cette pause. Red Bull et Racing Bulls sont restés au Japon après le Grand Prix disputé à Suzuka afin de mener des essais pneumatiques pour le compte de Pirelli.
Par ailleurs, Ferrari participera également à un test pneus pluie organisé par Pirelli à Fiorano les 9 et 10 février, en remplacement de la séance initialement prévue à Bahreïn, elle aussi reportée en raison du contexte géopolitique. Le circuit sera artificiellement arrosé si besoin.