Moins d’une semaine après l’ouverture de la saison en Australie, le Grand Prix de Chine s’annonce déjà comme un rendez-vous clé pour évaluer la hiérarchie réelle entre les équipes de Formule 1.
L’épreuve disputée à Shanghai devrait notamment permettre d’en savoir plus sur le duel qui se dessine en tête du peloton entre Mercedes et Ferrari. En qualifications à Melbourne, l’écart était particulièrement frappant : la W17 de George Russell, auteur de la pole position, devançait la SF-26 de Charles Leclerc, quatrième sur la grille, d’environ huit dixièmes de seconde. Mais Ferrari avait reconnu avoir eu des soucis en Q2 et en Q3, notamment du côté de la gestion de l’énergie.
En course, l’équilibre des forces est apparu moins tranché, en raison notamment des stratégies adoptées par les deux équipes. Malgré cela, l’avantage semble pour l’instant pencher du côté de Mercedes. La manche chinoise suscite donc une forte curiosité : Ferrari sera-t-elle capable de lancer la contre-attaque ?
Après la première manche disputée à Melbourne, le patron de Ferrari, Frédéric Vasseur, avait indiqué que des évolutions aérodynamiques seraient introduites sur la monoplace en Chine. Cette annonce a immédiatement alimenté les rumeurs dans le paddock, certains évoquant l’arrivée possible de l’aileron arrière « inversé » de l’écurie italienne, déjà surnommé "Macarena" par les ingénieurs et mécaniciens (voir photo ci-dessous).
Doté d’un flap rotatif pouvant atteindre 270 degrés, ce dispositif avait brièvement été aperçu lors des essais de Bahreïn lorsque Lewis Hamilton l’avait utilisé pendant cinq tours.
Comme expliqué à l’époque, l’avantage principal d’un tel aileron réside dans la réduction significative de la traînée dans les lignes droites. Associée à la portance aérodynamique générée par ce concept, cette configuration peut provoquer un décrochage plus marqué du diffuseur.
Lors des essais à Bahreïn, un gain de vitesse de pointe compris entre 5 et 8 km/h en fin de ligne droite a été mesuré par rapport à l’aileron arrière mobile standard. Un bénéfice potentiellement important, notamment sur la longue ligne droite du retour de 1,2 km du circuit de Shanghai menant au virage 14.
Selon les informations recueillies par la presse italienne, plusieurs développements destinés au Grand Prix de Chine sont en route vers Shanghai. Préparées dans des délais particulièrement serrés à Maranello, ces pièces auraient été transportées comme bagages cabine par les ingénieurs eux-mêmes afin de respecter le calendrier très contraint du week-end sprint.
Ferrari chercherait ainsi à mobiliser toutes ses ressources pour maximiser la performance de la SF-26 dès cette deuxième manche de la saison. L’objectif est d’éviter que l’équipe Mercedes ne creuse davantage l’écart en ce début de championnat.
Maintenir la pression sur l’écurie dirigée par Toto Wolff est nécessaire pour Ferrari, et cet aileron arrière, s’il fonctionne bien comme prévu, est aussi une manière de compenser en partie l’avantage dont disposerait Mercedes dans la gestion de l’énergie de son groupe propulseur.