L’émergence d’un pilote en vrai soutien autour de Max Verstappen pourrait bien être l’une des rares satisfactions de Red Bull Racing en ce début de saison 2026. À Suzuka, Isack Hadjar confirme déjà les espoirs placés en lui, tandis que Yuki Tsunoda apporte un éclairage intéressant sur les effets des nouvelles règles.
Hadjar est-il enfin un coéquipier solide pour Verstappen ? Après plusieurs saisons marquées par les difficultés des seconds pilotes, de Sergio Perez à Tsunoda lui-même, Red Bull semble avoir trouvé une solution crédible avec Hadjar.
Le Français, promu cette année, s’adapte rapidement à son nouvel environnement.
"C’est un défi très difficile, mais en même temps je me sens à ma place," confie-t-il au Japon.
"Max est très rapide, impressionnant, il performe à chaque tour, mais j’essaie de suivre. Je me suis adapté à l’équipe très vite – en fait, je n’ai même pas eu l’impression de changer d’équipe même si l’ambiance est très différente. D’un côté on a Racing Bulls, structure davantage italienne, familiale, et puis de l’autre une équipe beaucoup plus axée sur la gagne."
Son impact immédiat n’a pas échappé à son directeur, Laurent Mekies, qui souligne notamment sa performance en qualifications en Australie.
"Il a eu un premier week-end presque parfait. Pourtant, croyez-moi, il y avait suffisamment de pression sur lui pour rendre cet exploit difficile, mais il a fait un week-end de course quasi parfait. Le vendredi a été très bon, avec de très bons enseignements et une excellente analyse des réglages que nous avons pu répartir entre les voitures. En qualifications, nous avons perdu Max très tôt, et à ce moment-là, tous les regards étaient tournés vers lui. Il aurait pu être plus conservateur, il aurait pu être trop agressif, mais il a tout simplement assuré, plaçant la voiture en troisième position, devant les deux Mercedes et Ferrari, ce qui était probablement légèrement mieux que ce que nous pouvions espérer avec la voiture actuelle."
Même Verstappen reconnaît l’importance d’un tel soutien : "Quand j’ai connu mes problèmes en qualifications, en Australie ou ici, le fait qu’il se place plus haut sur la feuille des temps, c’est exactement ce dont nous avons besoin en tant qu’équipe. J’espère que nous pourrons continuer ainsi."
Malgré ces motifs de satisfaction, le constat reste préoccupant : la RB22 manque de performance pure en ce début de saison.
Hadjar lui-même ne cache pas les limites actuelles : "En termes de performance, ce n’est pas très différent de ce que j’ai connu chez Racing Bulls," glisse-t-il en souriant. "La voiture n’est pas forcément difficile à piloter, mais nous sommes tout simplement trop lents. Ce n’est pas une monoplace imprévisible et instable comme elle a pu l’être dans le passé."
Dans ce contexte, la pause prévue en avril pourrait jouer un rôle clé : "Ce n’est pas si mal d’avoir une pause en avril, nous pouvons nous concentrer sur l’amélioration de la voiture. Cela pourrait nous faire plus de bien qu’aux autres équipes."
Désormais pilote de réserve, Tsunoda apporte un regard complémentaire après avoir testé la monoplace au simulateur. Et selon lui, les nouvelles règles pourraient naturellement réduire les écarts entre les deux équipiers de Red Bull Racing.
"Je pense qu’il serait difficile de créer un écart significatif entre moi et mon équipier," explique-t-il.
"L’énergie joue un rôle très important en F1 cette année. Même si vous êtes lent dans les virages, il est plus important de compenser ce retard dans les lignes droites."
Un changement profond par rapport aux générations précédentes : "C’est une voiture différente de celles que nous avions jusqu’en 2025. J’ai l’impression que nous sommes dans une catégorie différente."