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Hamilton a dû ’enfreindre les règles’ pour amener la mode en F1

Les équipes voulaient se cantonner à leurs habits

Par Emmanuel Touzot - 12 avril 2026 - 18:01
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Pendant très longtemps, le paddock de la Formule 1 n’a pas accepté des habits de mode, et a même regardé de travers les pilotes comme Lewis Hamilton ou, plus tard, Guanyu Zhou, qui se montraient avec des tenues de créateurs.

Mais c’est bien Lewis Hamilton qui a véritablement lancé la mode au sein du paddock de la F1, et son impact en la matière a été transformateur. Désormais dans sa deuxième année au sein de l’écurie Ferrari, il est revenu sur la manière dont il a brisé les stigmates liés à sa liberté vestimentaire.

"Pour être un pilote de course, il fallait entrer dans un certain moule, se coucher à 22 heures, s’habiller d’une certaine façon" a confié Hamilton à Esquire. "Pendant la majeure partie de ma carrière, chaque pilote arrivait avec des habits d’équipe conçus par des gens extérieurs à la mode, les vêtements étaient affreux."

"J’arrivais et je me sentais mal de porter la même chose 180 jours par an. J’ai demandé si je pouvais venir avec mon propre style et me changer pour mettre le kit plus tard. Mais il a fallu beaucoup de temps pour que les patrons acceptent. En gros, j’ai dû enfreindre les règles."

Lassé d’attendre une permission, le pilote a pris les devants et a lancé son habitude de se montrer avec ses tenues parfois détonantes dans le paddock : "Un jour, je suis simplement arrivé avec mes propres vêtements. Une fois qu’ils ont vu l’attention et la presse positive que cela générait, et comment cela valorisait la marque et l’équipe, ils m’ont autorisé à le faire chaque jour."

Depuis, d’autres pilotes ont suivi ses traces. Le champion 2025, Lando Norris, apprécie souvent de s’exposer aux flashs des photographes en entrant dans le paddock avec ses propres tenues. Et même les célèbres jeans skinny de Max Verstappen ont attiré l’attention des commentateurs de mode.

"Les entreprises ne pensent souvent ni au style ni au costume. Désormais, c’est devenu la norme de voir d’autres pilotes arriver en étant eux-mêmes. J’adore ça. Tout le monde devrait se sentir bien dans sa peau."

L’amour de Hamilton pour la mode est né d’un désir de trouver son identité dans un environnement avec lequel il n’était pas familiarisé : "J’ai grandi dans un foyer où personne n’était branché mode, et s’exprimer n’était jamais un sujet de discussion."

"C’était le résultat d’un sentiment de devoir rester discret et de se fondre dans la masse. Évoluer dans un environnement qui n’était pas diversifié faisait que vous ne vouliez pas vous faire remarquer plus que vous ne le faisiez déjà en étant la seule personne de couleur dans la pièce."

Le pilote de 41 ans a été fortement influencé par la musique, une industrie qui s’appuie énormément sur la mode : "Quand j’étais plus jeune, j’achetais toujours des magazines ou j’allais en magasin pour les lire. J’étais très influencé par la musique, dès que je rentrais à la maison, je mettais MTV Base ou VH1."

"Je ne regardais pas de séries ou de dessins animés, c’était la musique. J’étais inspiré par les musiciens, les artistes et leur style. J’ai découvert Prince et j’ai adoré sa façon de s’exprimer. J’aimais Pharrell, Mase, Mary J. Blige, Busta Rhymes. Pharrell a toujours été une grande influence."

Ses débuts en F1 lui ont permis d’explorer davantage cet intérêt pour la mode, lorsqu’il a réalisé que cette industrie était bien plus ouverte et divers que la Formule 1 et le sport automobile.

"Quand je suis arrivé en Formule 1, je suis allé à un défilé de mode et j’ai été époustouflé. Dans le monde de la course, mon père et moi étions les seules personnes de couleur entre mes 8 ans et mes 22 ans. Quand je suis allé dans le monde de la mode, j’ai adoré sa diversité. J’ai vu des gens de toutes formes et de tous styles s’exprimer."

Et c’est pour ça qu’il ne limite pas son attrait à des styles précis, préférant plutôt s’intéresser aux marques et aux créateurs et créatrices qui lui provoquent des émotions positives.

"Il fut un temps où je disais que j’étais plutôt ’urban chic’. Cela a changé. Je ne canalise vraiment cela que lorsque je voyage. J’aime proposer quelque chose d’unique pour chaque lieu et utiliser ma visibilité pour mettre en avant des créateurs émergents, pas seulement les grandes marques."

Malgré son accès aux maisons de couture les plus exclusives au monde, dont certaines avec lesquelles il a déjà collaboré, comme Dior, ses goûts restent pour la plupart modestes. Il révèle qu’il "adore toujours le marché de Camden" et apprécie les "t-shirts vintage, particulièrement ceux à l’effigie de Michael Jordan ou Muhammad Ali."

Cette année, il continue de soutenir Ferrari, qui s’implique dans la mode : "Chaque jour est une nouveauté avec Ferrari. J’apprends encore sur l’équipe et sa culture. La marque de mode Ferrari s’est développée, et voir son expansion avec sa première boutique à Londres est un privilège. Ils organisent de très grands défilés, Anna Wintour était présente !"

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