Lewis Hamilton doit rester lucide face à l’évolution de ses performances et savoir reconnaître le moment où il faudra tourner la page en Formule 1. C’est le conseil formulé par Johnny Herbert, qui estime que le septuple champion du monde ne devra pas hésiter à se retirer lorsque les choses ne seront plus aussi naturelles qu’auparavant.
Triple vainqueur en Grand Prix, Herbert ne remet pas en cause la motivation du Britannique, aujourd’hui âgé de 41 ans, mais insiste sur l’importance de l’honnêteté personnelle. Hamilton reste une figure majeure de la discipline, partageant avec Michael Schumacher le record de sept titres mondiaux, tout en détenant le nombre record de victoires en Grand Prix avec 105 succès.
Dans le podcast Stay On Track, Herbert et Damon Hill ont été interrogés sur le conseil qu’ils donneraient à Hamilton. Hill a d’abord souligné que le pilote Ferrari avait bâti sa légende en suivant sa propre voie.
"Peut-on vraiment donner le moindre conseil à quelqu’un comme Lewis ?"
"Nous l’avons vu évoluer tout au long de sa carrière et il n’a jamais vraiment accepté les conseils. Il a fait les choses à sa manière, comme il le souhaitait."
"Je pense qu’il a prouvé qu’il faisait ce qu’il voulait faire, et au final cela signifie qu’il peut être en paix avec lui-même."
"Il n’y a rien de plus frustrant que de suivre un conseil dont on n’est pas sûr, puis de se dire ensuite : ’Je n’aurais pas dû faire ça. Pourquoi ai-je écouté cette personne ?’"
Herbert abonde dans ce sens, tout en recentrant le débat sur un point clé.
"Il faut parfois s’écouter soi-même," avant de livrer le conseil qu’il adresserait à Hamilton : "Probablement la seule chose que je lui dirais, si j’étais proche de lui, ce serait d’être honnête."
"Parce qu’il arrive un moment où les choses ne sont plus aussi faciles qu’avant. Votre compétitivité n’est probablement plus ce qu’elle était."
"Il y a un moment où vous devez vous dire : ’Ce n’est plus tout à fait comme avant, et je dois m’arrêter. J’ai eu mon temps’."
Damon Hill a alors relancé la discussion en évoquant la première saison difficile de Hamilton chez Ferrari en 2025, se demandant implicitement s’il n’avait pas déjà été confronté à cette réalité.
Sans podium cette année-là, et après plusieurs déclarations négatives, des interrogations avaient émergé quant à son avenir. Mais le Britannique a rebondi en 2026, affichant un état d’esprit plus positif et signant notamment un premier podium avec Ferrari grâce à une troisième place en Chine.
"Il a vécu une période très difficile, mais il est revenu cette année avec un état d’esprit bien meilleur."
"J’ai l’impression qu’il a accepté qu’il est à ce stade de sa carrière, et que l’on ne peut plus faire les choses de manière instinctive comme à 20 ans."
Herbert reprend en soulignant un autre facteur clé : la concurrence interne face à Charles Leclerc.
"Il a aussi un coéquipier plus jeune, qui représente cette nouvelle génération que l’on voit émerger, et cela joue forcément."
"Si l’on regarde les générations de champions du monde, des Emerson Fittipaldi aux Jackie Stewart et Jim Clark, puis Nelson Piquet et Nigel Mansell, vous-même, Michael Schumacher, Mika Hakkinen... cela devient toujours plus compétitif, plus complet."
"C’est là que les choses changent, et que vous arrivez à ce moment où vous vous dites : ’Ce n’est plus aussi facile qu’avant’."
"Pour moi, tout est une question d’honnêteté avec soi-même, et de savoir quand il est temps de raccrocher."
S’il reconnaît la détermination intacte de Hamilton, il souligne aussi la pression exercée par son coéquipier.
"Bien sûr, il est mis à l’épreuve par Charles. Mais est-ce encore aussi facile qu’avant ?"
"Quand tout va bien, cela semble facile. Mais je me souviens qu’à la fin de ma carrière, ce n’était plus aussi simple, et c’est là que je me suis dit que le moment était venu."