La deuxième saison de Lewis Hamilton chez Ferrari a démarré sous de bien meilleurs auspices que la première ne s’était terminée. Après une campagne 2025 compliquée, le septuple champion du monde a rapidement redressé la barre en 2026, retrouvant le chemin du podium dès sa deuxième tentative, là où il était resté bloqué à 24 reprises l’an dernier.
Si la compétitivité accrue de la monoplace italienne a évidemment contribué à ce regain de forme, Hamilton affiche également un niveau de performance bien plus proche de celui de son coéquipier Charles Leclerc. Sur les quatre premières séances de qualifications de la saison (en incluant le Sprint de la Chine), le Britannique devance même légèrement le Monégasque, avec un avantage moyen de 0"017. Un contraste notable avec 2025, où il accusait en moyenne un retard de deux dixièmes et demi.
Bien que cet échantillon reste limité, la Scuderia voit dans cette progression le fruit d’un travail de fond durant l’intersaison. Son directeur, Frédéric Vasseur, n’a jamais caché sa conviction qu’Hamilton avait franchi un cap important pendant l’hiver.
Interrogé sur la gestion de la saison difficile vécue en 2025, Vasseur explique : "Nous en avons parlé toute la saison dernière ! C’est vrai qu’il est plus facile de le faire en décembre et d’avoir une vision globale que de discuter course par course, parce que dans ce cas, on est davantage attaché aux détails."
"Cela avait très bien commencé puis c’est devenu très irrégulier. Mais il a aussi été le premier à comprendre où il devait progresser et la connexion avec les gens prend du temps."
Le Français insiste sur la difficulté de construire des relations solides dans le contexte d’une saison de Formule 1.
"C’est étrange parce que vous passez 24 week-ends ensemble, mais en même temps, ce n’est pas le bon endroit pour apprendre à se connaître pendant un week-end de course, c’est parfois mieux en dehors des circuits."
"Je pense qu’il a franchi un vrai cap pendant l’hiver."
Cette progression s’explique notamment par une meilleure intégration d’Hamilton au sein de Ferrari, lui qui avait jusque-là effectué toute sa carrière en Formule 1 chez McLaren puis Mercedes. Vasseur reconnaît d’ailleurs avoir initialement sous-estimé le temps nécessaire à cette adaptation.
Aujourd’hui, le Britannique se sent pleinement impliqué dans le projet.
"Le sentiment que Lewis a aujourd’hui, c’est de mener le projet. D’être là dès le début, pas d’être un passager. C’est plus facile avec une toute nouvelle voiture, bien sûr."
"Quand vous allez dans le simulateur en juin et que vous dites : ’OK, qu’en est-il de la suspension pour l’année prochaine ?’, et que l’on demande aux pilotes ce qu’ils ressentent et ce qu’ils veulent faire, le fait de se sentir à l’origine des choix vous donne beaucoup plus de confiance que lorsque vous avez l’impression que quelqu’un d’autre décide pour vous."
"Il a aujourd’hui ce sentiment d’être là dès le début du projet, ce qui est, d’un point de vue psychologique et technique, vraiment très utile."
Malgré les difficultés rencontrées en 2025, le patron de Ferrari n’a jamais douté de son choix de recruter Hamilton.
"J’étais encore plus convaincu et encore plus focalisé sur le fait que nous devions aider Lewis à tout mettre en place et à le mettre dans les bonnes conditions, plutôt que de penser que la performance n’était pas là," affirme-t-il.
Car, souligne-t-il, le potentiel n’a jamais disparu : "Il a toujours eu des tours où il faisait du bon travail."