Ferrari pourrait bien attirer tous les regards ce week-end lors du Grand Prix de Chine. Lewis Hamilton a confirmé que la Scuderia dispose d’un important paquet d’évolutions pour Shanghai, centré autour de son spectaculaire aileron arrière inversé, surnommé Macarena, déjà aperçu lors des essais de pré-saison à Bahreïn.
Lors de l’avant-dernière journée des séance d’essais hivernaux le mois dernier, l’écurie de Maranello avait surpris le paddock en prenant la piste avec un concept d’aileron arrière inédit. Ce dispositif, doté d’un volet rotatif à 270 degrés, a rapidement été surnommé aileron inversé, avant que Fred Vasseur ne lâche le nom de "macarena" utilisé en interne, en raison de son fonctionnement inhabituel.
C’est Lewis Hamilton lui-même qui était au volant de la SF-26 lorsque Ferrari a dévoilé ce système en piste pour la première fois, lors d’un roulage d’environ cinq tours à Bahreïn.
L’idée derrière ce concept est de provoquer un décrochage plus important du diffuseur, ce qui permettrait de réduire la traînée aérodynamique et d’augmenter la vitesse de pointe. Selon plusieurs rumeurs dans le paddock, Ferrari aurait gagné entre 5 et 8 km/h en ligne droite lors de ces essais.
Avec la très longue ligne droite principale du Shanghai International Circuit, qui approche les 1,2 km, cette innovation pourrait offrir à Ferrari une arme intéressante pour tenter de se rapprocher de Mercedes.
En raison du calendrier particulièrement serré entre les premières courses de la saison, Ferrari a dû redoubler d’efforts pour amener ces évolutions en Chine. Certaines pièces ont même été transportées en bagage cabine par les ingénieurs de l’équipe.
L’objectif est clair : afficher une performance solide lors du premier week-end Sprint de la saison.
Interrogé à Shanghai sur les enseignements tirés des essais avec ce nouvel aileron, Hamilton s’est montré reconnaissant envers son équipe.
"Nous avons roulé environ une journée complète avec cet aileron, donc je pense que nous avons obtenu ce dont nous avions besoin," a expliqué le septuple champion du monde.
"Et je suis très reconnaissant envers l’équipe, parce qu’à l’origine il devait arriver plus tard dans la saison. Mais ils ont travaillé très dur pour le développer et l’amener ici."
Hamilton salue l’engagement des équipes de Maranello, qui ont accéléré le développement pour tenter de combler leur retard.
"Pour moi, c’est vraiment génial de voir que l’équipe se bat, pousse, chasse la performance et travaille même tard à l’usine pour pouvoir amener des évolutions. Parce que c’est ça, le cœur de la compétition."
Le Britannique rappelle également que Ferrari n’avait pas pu exploiter pleinement son potentiel la saison passée.
"L’an dernier, nous n’avons pas pu voir - je n’ai pas pu voir - tout le potentiel de l’équipe dans ce mode de chasse aux développements, parce que nous travaillions sur certains problèmes et sur la F1 de cette année."
Malgré cet optimisme, Hamilton reconnaît que Ferrari accuse encore un retard important sur Mercedes en ce début de saison 2026.
En Australie, il est parvenu à transformer une qualification frustrante en septième position en une solide quatrième place à l’arrivée. À un moment de la course, il semblait même en mesure de se mêler à la lutte pour la victoire entre son équipier Charles Leclerc et George Russell.
Le Britannique, globalement plus positif qu’à n’importe quel moment de la saison précédente, estime néanmoins que l’écart avec les Flèches d’Argent reste conséquent. À Melbourne, Leclerc a terminé troisième à plus de 15 secondes du vainqueur.
Interrogé sur l’origine de cet avantage, Hamilton a notamment mis en avant la vitesse de pointe de Mercedes.
"Cela semble surtout se produire dans les lignes droites. Donc pour l’instant, je pense que c’est partout dans les lignes droites."
Selon lui, l’écart se creuse particulièrement lorsque Mercedes active certains modes de gestion énergétique.
"C’est encore plus visible lorsqu’ils ouvrent les ailerons. C’est là qu’ils font un énorme pas en avant."
"C’est une phase que nous devons comprendre, et ils semblent aussi avoir un peu plus de déploiement d’énergie. Oui, ils ont moins de perte de puissance à la fin des lignes droites que certains d’entre nous."
L’aileron Macarena peut donc aider ce week-end sur le premier point. Mais Ferrari doit donc trouver davantage de performance dans son moteur.
"Oui, espérons pour l’aileron. Mais nous devons simplement travailler pour voir comment extraire un peu plus de notre moteur et de nos batteries."
Hamilton a également été interrogé sur l’ampleur réelle de l’avantage de Mercedes et sur la possibilité de voir les performances se resserrer au fil des premières courses. Pour lui, tout dépendra du rythme de développement des équipes.
"Je pense que cela dépend vraiment du développement. Le rythme d’évolution est très rapide pour tout le monde en ce moment. Donc ce sera intéressant de voir qui apporte des évolutions lors des prochaines courses."
"En qualifications, l’écart était d’environ huit dixièmes. Mais en course, c’était entre quatre et cinq dixièmes au tour en air libre, ce qui est énorme."
Malgré cela, Hamilton reste convaincu que Ferrari peut revenir.
"Ce sera vraiment intéressant de suivre l’évolution. Nous allons essayer de les rattraper, et je pense que nous pouvons le faire. Mais je ne peux pas dire que ce sera certain."