Alors que les nouvelles règles 2026 continuent de diviser le paddock, Damon Hill adopte une lecture résolument positive du spectacle offert, notamment lors du Grand Prix du Japon.
Entre critiques sur la gestion de l’énergie et débats sur le style de pilotage imposé – avec la nécessité de lever le pied pour recharger la batterie – certains pilotes et observateurs pointent un risque de dénaturation de la discipline. Mais pour l’ancien pilote Williams, la réalité en piste raconte une autre histoire.
"Écoutez, je sais que certains pilotes n’aiment pas devoir ralentir pour recharger leur batterie, mais je pense que les courses sont très intéressantes," a-t-il expliqué à F1 TV. "Je pense que c’est tactique. Ils doivent réfléchir, et nous, on est divertis."
Le début de saison 2026 illustre en effet une évolution notable du spectacle en piste. Dès la manche d’ouverture en Australie, pas moins de 120 dépassements ont été recensés, contre seulement 45 lors de l’édition 2025 à Melbourne.
Une statistique qui traduit l’impact direct des nouvelles règles sur la physionomie des courses, avec davantage de variations de rythme et d’opportunités de dépassement même si celles-ci ne font pas l’unanimité.
Consultant également présent à Suzuka, Jacques Villeneuve a apporté une analyse plus mesurée du spectacle proposé dans sa réponse à Hill. Il n’en reste pas moins plutôt positif.
"C’est intéressant, mais pas excitant. Cela dépend de ce que vous attendez de la Formule 1. Mais les fans sont probablement contents, parce que Suzuka n’est jamais une course très excitante. On se suit généralement en file indienne. Là, il y a eu quelques échanges de positions."
Une vision à laquelle Hill a immédiatement réagi, en soulignant un aspect rarement observé en F1.
"Oui. On a vu des dépassements, puis des redépassements. Et ça, ça arrive très rarement dans notre sport, non ?"
Tout cela a une conséquence aussi sur la fatigue des pilotes, à la fin d’une course. Ils sont clairement plus épuisés que l’an dernier. La nouvelle réglementation a introduit plus de gestion avec la récupération d’énergie, le mode dépassement et l’utilisation du bouton boost. Autant d’outils avec lesquels il faut jongler, souvent à chaque tour lorsque vous devez attaquer ou défendre.
Jacques Villeneuve souligne que "ce n’est pas physique, c’est mental. C’est la perte d’énergie et de concentration que cela implique, car physiquement, les voitures ne sont pas aussi performantes que l’an dernier. Donc, ce n’est pas physique, c’est mental."
Damon Hill a répondu avec une blague : "Quand on le faisait, c’était très facile ! J’en parlais justement avec Jacques avant la course, et je peux vous dire qu’ils sont submergés de choses à gérer."
"C’est comme essayer de se tapoter la tête et de se frotter le ventre en même temps, tout en jonglant et en résolvant une équation de masse. C’est vraiment le cas… Ils ont tellement de boutons et de choses à gérer."
Au-delà de l’analyse globale, Hill a tenu à saluer la performance d’Oscar Piastri, l’un des hommes forts du week-end japonais.
Après avoir manqué les départs des Grands Prix d’Australie et de Chine, le pilote McLaren a transformé sa troisième place sur la grille en une solide deuxième position à l’arrivée.
"Je pense qu’Oscar est encore très motivé après avoir manqué des opportunités l’an dernier," a estimé Hill. "Il a été bon tout le week-end. C’était agréable de voir McLaren un peu plus compétitive, et c’est une bonne chose pour nous."
Plus largement, Hill se réjouit de l’équilibre des forces observé en ce début de championnat.
"Nous avons eu trois constructeurs différents dans le top 3, et beaucoup de pilotes présents aux avant-postes," a-t-il souligné. "Il y a quoi, six pilotes capables de gagner ? C’est plutôt une bonne chose."