Le début de saison 2026 difficile de Honda pourrait bien entraîner un ajustement réglementaire inattendu en Formule 1. Selon plusieurs sources concordantes, les motoristes discutent actuellement d’une modification ciblée des règles d’évolution des groupes propulseurs afin d’aider le constructeur japonais à combler son retard.
Associé à Aston Martin F1, Honda a été confronté à des problèmes de vibrations dès les premières courses, affectant à la fois la performance et la fiabilité de son package. Si le règlement prévoit déjà des mécanismes pour permettre aux motoristes en difficulté de rattraper leur retard, l’ampleur du déficit actuel laisse penser que ces outils pourraient s’avérer insuffisants.
Ces dispositifs, connus sous le nom d’Additional Development and Upgrade Opportunities (ADUO), permettent aux motoristes en retrait de bénéficier de marges de développement supplémentaires. Concrètement, un déficit de 2 % par rapport à la référence autorise une évolution en 2026 et une en 2027, tandis qu’un écart de 4 % ou plus ouvre la porte à deux évolutions sur chaque saison. Ces mesures s’accompagnent également d’assouplissements en matière de budget et d’essais au banc.
Mais le système comporte une limite importante : ces opportunités ne sont pas cumulables au cours d’une même saison. Le règlement technique précise en effet que les évolutions ADUO ne sont pas cumulatives sur une saison et ne sont accordées qu’une seule fois après évaluation par la FIA. Une contrainte qui pourrait freiner toute remontée significative en cas de retard important.
C’est précisément ce point qui fait aujourd’hui l’objet de discussions. L’idée serait de supprimer ce plafond, afin de permettre à un motoriste en grande difficulté de bénéficier à plusieurs reprises de ces aides au développement. Dans le cas de Honda, cela signifierait, par exemple, qu’un retard persistant au-delà du seuil des 4 % lors d’une seconde évaluation pourrait ouvrir la voie à de nouvelles libertés techniques et budgétaires supplémentaires.
Derrière cette réflexion se dessine une volonté partagée dans le paddock : éviter qu’un motoriste ne reste durablement distancé. Malgré la nature hautement compétitive de la discipline, plusieurs acteurs estiment qu’un tel déséquilibre ne profiterait à personne.
Le directeur de Mercedes F1, Toto Wolff, s’est montré particulièrement explicite sur le sujet : "Il me semble qu’il y a un motoriste qui a un problème, et nous devons l’aider. Mais tous les autres sont globalement dans le même ordre de performance."
Toute évolution réglementaire nécessitera toutefois un large consensus. Une modification de ce type doit être validée par une super-majorité au sein du comité consultatif des motoristes, impliquant au moins quatre des cinq constructeurs actuels, ainsi que la FOM et la FIA.
Si elle venait à être adoptée, cette mesure marquerait une inflexion notable dans la philosophie réglementaire, en introduisant une forme de filet de sécurité renforcé pour les motoristes en difficulté. Reste à savoir si les intérêts divergents des constructeurs permettront d’aboutir à un accord rapide.