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’Il n’avait plus aucun pouvoir’ : la vraie raison du départ de Marko

Proche des pilotes F2, Montoya apporte sa vision des coulisses chez Red Bull

Par Franck Drui - 28 décembre 2025 - 15:56
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Pour Juan Pablo Montoya, le départ d’Helmut Marko de Red Bull ne s’explique pas par une perte de passion, comme l’a suggéré l’Autrichien. Bien au contraire. Selon l’ancien pilote colombien, très présent dans les paddocks de la F1 pour son fils Sebastian qui pilote en F2, c’est la perte progressive de pouvoir du conseiller historique de Red Bull qui l’a poussé vers la sortie, bien plus que la frustration sportive liée à la fin de la saison 2025.

Depuis plusieurs jours, Marko assure que sa décision était née de la déception ressentie après que Max Verstappen a échoué de peu à décrocher un cinquième titre mondial consécutif à Abu Dhabi. Une explication que Montoya juge largement insuffisante.

À ses yeux, l’Autrichien a surtout été marginalisé dans une hiérarchie interne en pleine mutation, passant d’un décideur redouté à une figure consultative de plus en plus symbolique, jusqu’à ne plus se reconnaître dans le rôle qu’on lui laissait.

Licenciement de Christian Horner, départs d’Adrian Newey et de Jonathan Wheatley, reset stratégique en vue de la réglementation 2026 : pour Montoya, tous les signaux étaient clairs. Red Bull tournait une page majeure de son histoire.

"En plus de Christian et d’Helmut, ils ont perdu Jonathan Wheatley au profit d’Audi. Et Adrian Newey est parti il y a un an. Dans ce contexte, Marko a compris que le centre de gravité du pouvoir se déplaçait, loin de lui."

"D’après ce que l’on entend, Red Bull Autriche veut s’impliquer davantage et diriger l’équipe. A un niveau donc au dessus de Marko. C’est une arme à double tranchant. Si le siège prend plus de contrôle, alors on se retrouve avec une sorte de dictature dans la gestion de l’équipe. Je n’aime pas utiliser ce mot, mais il n’y aura qu’une seule manière de faire, une seule direction, sous un seul leadership."

Pour Montoya, le problème fondamental réside dans la transformation de Red Bull : une écurie historiquement dirigée par des hommes de course devenue une structure de plus en plus gouvernée par une logique corporate.

"Il faut une seule personne qui prenne les décisions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises," insiste-t-il.

"Quand on commence à impliquer de grandes entreprises, alors chaque décision nécessite une réunion. Tout le monde a un avis différent, et on commence à regarder les choses sous l’angle du budget et du marketing."

Un mode de fonctionnement à l’opposé de celui dans lequel Helmut Marko a prospéré pendant des décennies.

Longtemps intouchable, véritable gardien du temple du programme jeunes pilotes Red Bull, Marko disposait d’une liberté d’action quasi totale. Une situation qui, selon Montoya, n’existe plus aujourd’hui.

"Je pense qu’Helmut a réalisé qu’il n’avait plus aucun pouvoir," affirme le Colombien.

"Il avait le contrôle total des pilotes. Il avait le contrôle total des décisions. Et je pense qu’il a compris que désormais, tout ce qu’il veut faire doit être approuvé. Il en est arrivé à un point où il s’est dit : ’Je ne vais pas être l’employé de quelqu’un’. Même s’il l’était, il était libre."

"C’est très difficile quand on a eu de l’autonomie et qu’on perd tout ça. Tout le monde commence à tout remettre en question."

Pour Montoya, certaines informations circulant dans le paddock illustrent parfaitement à quel point l’autorité de Marko aurait été amputée.

"Je suis dans les boucles car je gère mon fils en F2. Je suis proche de pas mal de pilotes de cette catégorie et j’apprends beaucoup de choses. Il avait signé un pilote de F2, Alex Dunne, un Irlandais, avant de devoir revenir sur le contrat. Dunne a quitté McLaren, signé avec Red Bull, puis une semaine plus tard, Helmut l’a appelé pour lui dire : ’Désolé, c’est terminé’."

"L’autre information, c’est qu’il aurait signé Lindblad sans l’accord de qui que ce soit. Ça ne me surprend absolument pas de sa part. C’était maintenant ou jamais pour se passer de lui."

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