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Imola, Paul Ricard, Portimão... où la F1 pourrait-elle rebondir en urgence ?

Les options crédibles si le Moyen-Orient devenait inaccessible

Par Franck Drui - 3 mars 2026 - 13:16
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Alors que les tensions au Moyen-Orient se sont brutalement intensifiées à la suite du conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran, la Formule 1 fait face à une menace bien réelle sur le début de sa saison. Si l’impact sportif reste évidemment secondaire au regard de la gravité de la situation internationale, le championnat pourrait néanmoins être contraint d’agir rapidement pour éviter un trou d’un mois au calendrier après seulement trois manches disputées.

Les Grands Prix de Bahreïn (12 avril) et d’Arabie saoudite (19 avril) sont aujourd’hui considérés comme à risque. La FIA et la direction de la F1 assurent suivre la situation de très près, dans un contexte d’instabilité géopolitique persistante.

Dans un communiqué, le président de l’instance dirigeante, Mohammed Ben Sulayem, a rappelé que la sécurité et le bien-être guideront toute prise de décision, tandis que la F1 travaille déjà sur des scénarios de remplacement si ces deux épreuves d’avril devaient devenir intenables.

Des frappes ont été signalées dans les pays concernés depuis l’escalade du week-end dernier, ravivant de mauvais souvenirs pour le paddock. Ce n’est en effet pas la première fois qu’un conflit régional perturbe le sport automobile.

En 2022, lors du Grand Prix d’Arabie saoudite, l’ombre de frappes de missiles à proximité du circuit de la Corniche de Djeddah avait plané durant les essais, au point que la F1 avait sérieusement envisagé d’annuler la suite du week-end. Plus tôt encore, le Grand Prix de Bahreïn 2011 avait été purement et simplement retiré du calendrier en raison de troubles politiques.

Ce nouvel épisode a déjà eu des conséquences concrètes : les essais de Pirelli, prévus avec McLaren et Mercedes sur le circuit international de Bahreïn, ont été annulés, avec du personnel et du matériel bloqués sur place.

Avec une fenêtre de plus en plus réduite avant les deux manches d’avril, la F1 pourrait être amenée à basculer vers un plan alternatif si la situation se détériore ou ne s’améliore pas. Le championnat dispose toutefois encore de quelques semaines pour réagir, mais plus la décision sera prise rapidement, plus les courses de remplacement pourront être qualitatives et éventuellement accueillir du public.

Si un remplacement devait avoir lieu, la Formule 1 chercherait très probablement à substituer les deux courses par un deux événements européens, plus simples à organiser à court terme.

Le scénario le plus crédible mène à l’Autodromo Enzo e Dino Ferrari, hôte du Grand Prix d’Émilie-Romagne encore l’an dernier. Revenu au calendrier en 2020 comme manche de remplacement au calendrier à cause du Covid, Imola a ensuite été écarté au profit d’un double rendez-vous espagnol, avec l’arrivée de Madrid plus tard dans la saison.

C’est le circuit qui a été écarté le plus récemment, il est donc certainement le plus facile à remettre en urgence dans la boucle d’un Grand Prix. Et en avril, on resterait dans la même période climatique qu’en 2025, avec des températures autour de 15 °C. La logistique est idéale, les équipes pouvant acheminer le matériel par la route.

Et pour accompagner ce Grand Prix, si la F1 tient à en organiser deux, il n’y a pas très loin le Circuit Paul Ricard a accueilli le Grand Prix de France de F1 pour la dernière fois en 2022.

Si le tracé n’est pas toujours plébiscité pour le spectacle, le climat est parfait. Reste que le circuit n’a que très peu de tribunes permanentes. Si on souhaite accueillir du public, ce serait une véritable course contre la montre pour en installer à un niveau proche de celui vu en 2022.

Situé dans le sud de la France, Paul Ricard pourrait donc s’associer facilement à Imola mais aussi à Portimão ou même une option allemande, offrant une solution logistique cohérente. Il permettrait, même à huis clos ou avec peu de public, de maintenir deux courses en deux semaines, protégeant tous les contrats en cours avec les équipes et les sponsors pour 24 Grands Prix.

Passons justement à l’Autódromo Internacional do Algarve a accueilli la F1 pour la dernière fois en 2021, là aussi comme solution de secours durant la pandémie. Le Grand Prix du Portugal est déjà confirmé pour un retour au championnat en 2027 et 2028, Portimão a donc un atout dans sa poche. Et contrairement au Paul Ricard, il est déjà totalement équipé pour recevoir beaucoup de public de façon permanente.

Il y a deux autres options moins probables : un Grand Prix de Turquie, à l’Istanbul Park. Célèbre pour ses enchaînements rapides et son virage 8 à multiples cordes, le circuit a lui aussi fait son retour en F1 en 2020 et 2021. Bien que désireux de revenir, le circuit n’a plus été retenu depuis. Si l’option est séduisante sur le papier, la météo du nord-ouest de la Turquie en avril est souvent fraîche et humide. De plus certains travaux seraient nécessaires.

Enfin, un Grand Prix d’Allemagne au Nürburgring ou à Hockenheim. Le Nürburgring possède un héritage immense et a accueilli le Grand Prix de l’Eifel en 2020. Avant cela, il alternait avec le circuit de l’Hockenheimring, encore présent au calendrier en 2019. Sur le plan logistique, l’Allemagne reste un choix extrêmement simple pour les équipes européennes, et les deux circuits sont aussi aux normes pour la F1 et accueillir beaucoup de public.

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