Le futur transfert de GianPiero Lambiase vers McLaren pourrait créer une situation délicate chez Red Bull Racing, selon Zak Brown, alors même que l’ingénieur italien est censé rester encore deux saisons à Milton Keynes.
Lambiase, figure clé de Red Bull depuis 2015 et surtout ingénieur de course historique de Max Verstappen, a accepté de rejoindre McLaren en tant que directeur des opérations en piste (chief racing officer) au plus tard en 2028. Un départ différé qui interroge, alors que son rôle stratégique au sein de l’écurie autrichienne reste central.
Côté Red Bull, le discours est clair. Son directeur, Laurent Mekies, a tenu à rappeler que "nous avons ’GP’ avec nous pour les deux prochaines années."
Une situation que Zak Brown, directeur général de McLaren Racing, observe avec pragmatisme et une certaine lucidité sur les enjeux.
"Nous savons comment fonctionne ce milieu," a-t-il expliqué. "À un moment donné, cela deviendra probablement inconfortable d’avoir quelqu’un dont on sait qu’il va rejoindre une équipe rivale."
"Mon point de vue général est que si quelqu’un veut partir, il faut le faire de manière mesurée. Mais si quelqu’un ne veut plus être dans mon équipe, je n’ai jamais été de ceux qui pensent que les gens se ’volent’ entre équipes, qu’il s’agisse de pilotes ou de sponsors : soit vous les perdez, soit ils ont envie d’autre chose."
Brown confirme que McLaren est prête à patienter dans le pire des cas.
"2028 est la date de fin de son contrat. Nous attendrons, si c’est nécessaire. S’il y a une possibilité de faire les choses plus tôt, bien sûr que cela nous intéresserait. Mais pour l’instant, nous sommes tous concentrés sur 2026."
La question de la circulation des informations sensibles se pose inévitablement dans ce type de situation. Interrogé sur la nécessité de mettre en place un pare-feu pour éviter tout transfert de connaissances, Brown reconnaît la complexité du contexte.
"Oui, cela rend les choses inconfortables, n’est-ce pas."
Il établit un parallèle avec le cas de Lewis Hamilton, lors de l’annonce de son départ vers Ferrari.
"Si j’avais quelqu’un dans mon équipe de course dont je savais qu’il allait partir, que ce soit un pilote... On le voit avec les pilotes. Quand Lewis est parti chez Ferrari et que cela a été annoncé tôt, à un moment donné, Mercedes commence, de manière compréhensible, à limiter les informations auxquelles il a accès."
"C’est simplement comme cela que fonctionne ce milieu."
Pour autant, Brown ne souhaite pas précipiter les choses.
"Nous verrons comment cela évolue. Nous avons du temps. Nous savons que tout le monde est engagé pour 2026, donc nous en reparlerons au moment opportun."