L’annulation des deux prochaines courses de Formule 1 au Moyen-Orient semble désormais inévitable. Le championnat du monde s’apprête à tirer un trait sur les Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite prévus en avril, alors que la date limite interne fixée par la discipline pour trancher la question vient d’être dépassée. Une confirmation officielle est attendue ce week-end à Shanghai, où se tient actuellement le Grand Prix de Chine, aujourd’hui ou demain.
Selon plusieurs sources concordantes, la situation sécuritaire dans la région rend désormais impossible la tenue des deux épreuves. Des frappes de missiles iraniens ont notamment visé plusieurs infrastructures à Bahreïn, dont une base militaire américaine, un immeuble résidentiel et l’hôtel Crowne Plaza de Manama, un établissement habituellement utilisé par certaines équipes de F1. Un champ pétrolier et une usine de dessalement ont également été touchés.
La situation n’est guère plus stable en Arabie saoudite, où des frappes ont aussi été signalées. Par ailleurs, la fenêtre logistique permettant d’acheminer le matériel depuis le Japon vers le Golfe se referme rapidement, ce qui complique encore davantage la possibilité d’organiser les courses dans les délais.
Dans ce contexte, aucune course de remplacement ne devrait être ajoutée au calendrier. Les contrats télévisés de la Formule 1 exigent un minimum de 22 Grands Prix sur la saison, et le calendrier initial en comptait 24. Cette marge permet donc d’absorber l’annulation de deux épreuves sans remettre en cause les obligations contractuelles. De plus, le coût et le temps de préparation nécessaires à l’organisation d’une manche de remplacement sont largement considérés comme supérieurs aux bénéfices potentiels d’une telle opération.
La principale question ces derniers jours concernait surtout l’identité de la partie qui officialiserait l’annulation — un point sensible en raison des implications financières importantes pour les promoteurs et pour la F1. Ce blocage semble toutefois sur le point d’être levé, plusieurs sources dans le paddock faisant état d’une annonce désormais imminente.
Malgré tout, l’espoir demeure que l’impact du conflit sur le calendrier ne s’étende pas davantage. Dans le paddock, on rappelle que le Championnat du monde d’endurance de la FIA a déjà reprogrammé sa manche du Qatar au mois d’octobre. Pour la Formule 1, les autres rendez-vous du Golfe prévus bien plus tard dans la saison 2026 - notamment au Qatar et à Abu Dhabi - restent pour l’instant inchangés.
Présent à Shanghai, le directeur de l’équipe Audi, Jonathan Wheatley, a tenu à relativiser la situation.
"Personne ne va faire de compromis sur quoi que ce soit qui mettrait les équipes dans une situation inconfortable. Ce n’est qu’une petite bosse sur la route. Si quelque chose devait arriver dans ce sens, il faudrait simplement s’adapter. Honnêtement, je ne vois pas de véritable problème."