Le propriétaire d’Aston Martin, Lawrence Stroll, a partagé sa vision à long terme pour mener l’équipe du constructeur britannique au sommet de la Formule 1. Déterminé, patient et convaincu que la clé du succès réside dans la culture et les moyens mis en place, le milliardaire canadien a exposé les principes qui guident sa stratégie à travers cinq grands axes.
Pour Stroll, la réussite d’Aston Martin ne repose pas seulement sur la technologie, mais sur la fierté collective et la loyauté envers une marque historique.
"Il existe une vraie loyauté derrière cette institution britannique emblématique vieille de 112 ans : Aston Martin. Il y a une immense fierté nationale dans cette usine. Ces gens veulent hisser leur équipe nationale sur la plus haute marche de la Formule 1."
Le propriétaire souligne qu’il laisse les ingénieurs et techniciens faire leur travail, tout en leur apportant les moyens nécessaires pour exceller.
"Il y a toujours eu une intensité très élevée dans ce sport. Mon rôle est d’apporter le bon leadership et de permettre aux gens de faire leur travail. Je ne sais pas construire ou concevoir une voiture de F1 aussi bien qu’eux, je leur apporte donc mon soutien, les outils, les bonnes personnes, les financements… tout ce dont ils ont besoin pour qu’aucun obstacle ne se dresse sur leur route."
Lawrence Stroll se décrit sans détour comme un homme obsédé par la réussite.
"Je suis implacable. Je ne renonce jamais tant que la mission n’est pas accomplie. Et dans ce cas, la mission, c’est d’être champions du monde."
Cette quête, dit-il, est la plus passionnelle de toutes celles qu’il a entreprises.
"J’ai eu la chance de réussir dans toutes mes affaires, mais c’est le projet qui me passionne le plus, celui qui me fait vibrer le plus… et qui me frustre aussi le plus. Quand les choses déçoivent, cela fait plus mal. Et dans ce métier, il y a beaucoup de déceptions avant d’atteindre les sommets."
Depuis son arrivée en F1 avec le rachat de l’équipe Force India, Stroll a toujours assumé une vision à long terme.
"Quand j’ai repris cette équipe, il y a environ six ans, j’ai dit : ’Ce sera un voyage de dix ans vers un titre mondial en Formule 1’."
Aujourd’hui, il estime que les bases matérielles et humaines sont enfin réunies pour franchir une nouvelle étape.
"Vous voyez désormais les infrastructures que nous avons construites pour offrir les bons outils. Il n’existe aucune autre usine comme celle-ci dans le paddock. Aucun autre simulateur n’est comparable. Tout le campus respire la performance, la recherche du dixième, voire du centième de seconde."
Mais Stroll appelle à la patience : "Notre objectif ultime est d’être champions du monde. Il faut maintenant laisser le temps aux équipes de s’harmoniser, de travailler ensemble, et de tirer le meilleur des nouvelles réglementations techniques qui arrivent l’an prochain."
Dans un championnat de 24 courses, Stroll sait qu’il faut garder la tête froide face aux hauts et aux bas d’une saison.
"Il faut filtrer les émotions. On ne peut pas être trop euphorique quand tout va bien, ni trop abattu quand ça va mal. Il y a toujours un prochain week-end."
"C’est une longue saison : chaque course n’est qu’une pièce d’un puzzle de 24 manches. Il faut garder le contexte à l’esprit, et se rappeler qu’une année n’est qu’une étape parmi de nombreuses autres dans notre aventure."
Stroll estime que les efforts réalisés depuis plusieurs années commencent à porter leurs fruits.
"La première étape, c’était de construire les infrastructures. Mais le plus important, c’était de rassembler la bonne équipe de personnes."
L’arrivée récente de figures majeures comme Adrian Newey, Andy Cowell et Enrico Cardile témoigne de cette ambition, tout comme le partenariat avec Honda, qui fera d’Aston Martin une équipe d’usine à part entière à partir de 2026.
"Obtenir qu’Adrian Newey nous rejoigne a été monumental. Il est avec nous depuis mars. Nous avons aussi Andy Cowell, Enrico Cardile, et des centaines d’autres talents. Avoir Honda comme partenaire moteur, être une vraie équipe d’usine, c’est une expérience totalement nouvelle pour nous."
"L’équipe se met en place. Nous avons devant nous un changement majeur de réglementation, et le plus grand défi désormais, c’est d’assembler toutes les pièces et de faire fonctionner l’ensemble. Je suis assez confiant que nous y arriverons… mais il faut être patient."
Avec son style direct et sa vision à long terme, Lawrence Stroll confirme qu’il ne s’agit pas seulement d’un projet de prestige, mais d’une stratégie structurée, patiente et totale, destinée à faire d’Aston Martin une force durable au sommet de la Formule 1.
Et si Rome ne s’est pas faite en un jour, Stroll semble plus déterminé que jamais à bâtir son empire vert, brique par brique, course après course.