La déception était palpable chez Esteban Ocon à l’issue du Grand Prix d’Australie. Le pilote français de Haas F1 a terminé aux portes des points à Melbourne, en 11e position, tandis que son coéquipier Oliver Bearman est parvenu à inscrire des points. Une situation qui a poussé le Normand à livrer une analyse aussi franche qu’émotionnelle de sa course... et même de l’ensemble de sa carrière en Formula 1.
Avant même le début de la saison, le directeur de l’écurie Haas, Ayao Komatsu, avait averti Ocon qu’il devait hausser son niveau de performance en 2026. Après la course de Melbourne, le Français a reconnu que ses difficultés s’inscrivaient dans un problème déjà rencontré par le passé.
"Dès le début, il y avait un manque de performance significatif, exactement comme l’an dernier, ce qui est très frustrant."
"Comme je l’ai dit après la course, il y a beaucoup de problèmes de stabilité avec la voiture, beaucoup de différences de réglages entre les deux voitures."
Pressé d’en dire plus, il ajoute : "On dirait qu’Oliver et moi avons simplement des voitures différentes. L’une est très instable, et l’autre souffre d’un fort sous-virage. À Melbourne, il vaut mieux avoir une voiture avec moins de sous-virage."
Pour lui, la priorité est claire pour l’équipe américaine : corriger ces différences afin de repartir sur des bases équitables.
"Nous devons résoudre ces problèmes et faire rouler les deux voitures sur un pied d’égalité, tout simplement."
Le début de course avait pourtant laissé espérer un meilleur résultat pour Ocon, auteur d’un premier tour particulièrement réussi.
"Je pensais que mon premier tour n’était pas idéal. Mais j’ai revu les images et j’ai fait un premier tour fantastique, j’étais en position de me battre pour les points de suite. Cependant, le rythme s’est ensuite révélé vraiment mauvais, ce qui a été une grande surprise."
Au-delà du simple résultat du week-end, Ocon s’est livré à une réflexion plus large sur son parcours en Formule 1, avec une franchise rare.
"J’ai l’impression de n’avoir rien accompli en Formule 1," a-t-il lâché.
"Je suis loin de là où je veux être en termes de résultats. Ce qui me motive, c’est de gagner des courses, de monter sur des podiums, de me battre pour des pole positions. Je n’ai même pas une pole position. C’est triste, en fait."
Le Français estime que le matériel dont il a disposé jusqu’ici ne lui a jamais permis de viser régulièrement les avant-postes.
"Oui, je n’ai jamais eu l’équipement pour me battre constamment à l’avant."
Malgré ce constat amer, Ocon assure que sa motivation reste intacte.
"J’ai toujours ce rêve, et c’est ce qui me pousse à passer autant d’heures chaque semaine, à travailler comme je le fais, à prendre des risques dès que je monte dans la voiture."
"Tant que je n’aurai pas accompli cela, je n’abandonnerai pas."