La confusion a régné samedi à Interlagos après l’interruption du sprint. Alors que plusieurs équipes de tête s’attendaient à un second départ arrêté, la piste étant sèche, la direction de course a finalement opté pour un deuxième départ de manière lancée, une décision communiquée… à la dernière minute.
Le sprint avait débuté sur une piste encore humide, mais l’ensemble des pilotes avait jugé les conditions suffisamment sèches pour chausser les slicks. Pas de tour derrière la voiture sécurité et le départ a été arrêté. La procédure normale était donc décrétée par la FIA malgré des conditions précaires encore dans certains virages.
Ensuite, un incident majeur est survenu dès les premiers virages : Oscar Piastri, Nico Hülkenberg et Franco Colapinto se sont crashés au niveau de la Curva do Sol après avoir glissé sur une zone détrempée. L’épreuve a immédiatement été interrompue par un drapeau rouge.
Pendant la neutralisation, McLaren informait Lando Norris, alors en tête, qu’un nouveau départ arrêté était probable.
"Ils n’annonceront pas le type de départ avant le signal d’une minute," indiquait son ingénieur Will Joseph. "Mais on suppose que ce sera un départ arrêté."
Quelques instants plus tard, changement de scénario : "Ce sera un départ lancé Lando !"
Une décision qui a, sans surprise, avantagé Norris, réduisant les risques d’attaque au premier virage, notamment de la part du deuxième, Andrea Kimi Antonelli. Le jeune pilote Mercedes a lui aussi tenu à s’assurer de la procédure auprès de son ingénieur Peter Bonnington.
"Donc… pas de départ arrêté ?"
"Pas de départ arrêté," confirma Bonnington. "Départ lancé."
Max Verstappen, qui avait gagné une position sur Fernando Alonso lors du premier envol, se préparait lui aussi à reprendre place sur la grille.
"Je suppose que ce sera un départ arrêté, non ?" lança-t-il à son ingénieur Gianpiero Lambiase.
"Je dirais que oui," répondit ce dernier.
Mais lui aussi fut pris de court lorsque la direction de course dévoila son choix.
"Je confirme que ce sera un départ lancé. Ne me demande pas pourquoi Max. Départ lancé."
Verstappen, stoïque, se contenta d’un simple : "OK."
Plus loin sur la grille, Lewis Hamilton se montrait en revanche bien plus irrité par cette décision.
"Mec… ça devrait être un départ arrêté," a-t-il lâché à son ingénieur Ricardo Adami.
En optant pour une procédure lancée, la direction de course a indéniablement gelé les positions au moment du restart, protégeant Norris d’une attaque immédiate, tout en privant certains pilotes - dont Antonelli, Verstappen et Hamilton - d’une potentielle opportunité de regagner du terrain.
Alors que la FIA n’a toujours pas justifié publiquement sa décision, l’épisode continue à alimenter les discussions dans le paddock alors que la course se déroulera aujourd’hui à 15h (18h en France).