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La F1 actuelle est meilleure que l’ère des V8, le DRS était une connerie : l’avis tranché d’un ancien pilote

La nostalgie déformerait la réalité des anciennes saisons

Par Franck Drui - 10 mai 2026 - 07:18
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Alors que les critiques autour de la réglementation 2026 ont alimenté les débats dans le paddock depuis Melbourne, Juan Pablo Montoya a pris le contre-pied de nombreux pilotes et observateurs en défendant fermement la nouvelle philosophie technique de la Formule 1. L’ancien pilote Williams et McLaren estime même que la nouvelle dynamique de dépassement est "vraiment bonne," au point de préférer ce système à l’ancienne ère du DRS.

Les nouvelles règles, basées sur une gestion énergétique beaucoup plus importante des batteries, divisent profondément le paddock. Les pilotes ont notamment pointé du doigt le caractère parfois artificiel des dépassements, ainsi que la dépendance accrue au déploiement électrique, particulièrement en qualifications.

Le sujet a été évoqué dans le podcast de la BBC, Chequered Flag, où Damon Hill et Juan Pablo Montoya ont débattu des nouvelles courses vues depuis le début de saison, notamment après le Grand Prix de Miami.

Le champion du monde 1996 a reconnu avoir du mal à suivre certains scénarios de dépassement : "Je trouve les règles 2026 un peu déroutantes, parce qu’on ne sait pas toujours quand les pilotes déploient leur boost et ce genre de choses."

"Soudainement, vous voyez un dépassement. Vous êtes habitué à voir un pilote revenir progressivement, jeter un œil, puis dépasser avant de s’échapper."

"Mais là, vous voyez le dépassement, puis le pilote semble s’envoler, avant d’être dépassé à nouveau quelques instants plus tard. Et vous vous demandez comment ça a pu arriver."

Une analyse que Montoya ne partage absolument pas.

"Moi, j’aime ça," a immédiatement répondu le Colombien. "Pour moi, le DRS, c’était une vraie connerie."

Selon le septuple vainqueur en Grand Prix, l’ancien système de réduction de traînée rendait le pilote attaqué totalement impuissant. Avec la nouvelle réglementation, la gestion énergétique redonne selon lui une vraie dimension tactique au combat en piste.

Hill a d’ailleurs reconnu que ce style de course version 2026, parfois qualifié de "yo-yo racing", est "très nouveau" mais aussi "finalement assez bon" même s’il reste difficile à lire pour les spectateurs.

Montoya a alors développé son point de vue : "Je suis d’accord. Je pense que c’est vraiment bon."

"Parce que si vous voyez qu’un pilote va vous dépasser, vous pouvez passer en mode recharge plus tôt, puis disposer d’un peu plus d’énergie supplémentaire dans la ligne droite suivante pour vous défendre."

"Avec le DRS, j’ai toujours eu le sentiment que vous étiez un canard assis. Une seconde d’écart, c’est déjà un bel écart, ou même neuf dixièmes. Et à la fin de la ligne droite, le gars vous passait comme si de rien n’était, puis on disait : ’Quel dépassement !’"

"Et moi je répondais : ’Quel dépassement ?’ Il n’a rien fait. Il était juste là avec son DRS."

Ces moteurs hybrides très dépendants des batteries ne vont toutefois pas rester longtemps en place sous leur forme actuelle. La FIA et la Formule 1 ont déjà officialisé un changement important pour 2027, avec une réduction de la part électrique au profit du moteur thermique.

Dans le même temps, le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, a récemment affirmé qu’un retour des V8 pourrait intervenir dès 2030, au pire 2031. Une perspective qui enthousiasme de nombreux nostalgiques de l’ancienne F1 atmosphérique. Mais là encore, Montoya a tenu à casser cette image idéalisée.

Le Colombien, qui a connu les V10 puis les débuts des V8 en 2006 lors de sa dernière demi-saison en F1, estime que cette époque n’était pas aussi spectaculaire qu’on le prétend aujourd’hui.

"Les gens disent : ’Oh, ton époque était tellement meilleure’. Moi je leur réponds : ’Regardez une course, c’était tellement ennuyeux’. Même pour nous. Parfois, c’était comme une courte séance d’essais."

"On peut toujours se plaindre, mais on se plaignait déjà quand la voiture développait 950 chevaux et pesait 600 kilos avec les pneus haute performance. Tout le monde dit que c’étaient les meilleures voitures de course de l’époque, mais les courses étaient catastrophiques."

"Les courses d’aujourd’hui sont divertissantes, et je pense que nous vivons une période vraiment spéciale car quatre équipes sont capables de gagner des courses, ce qui est assez rare."

"Je veux dire, il y aura toujours des gens pour se plaindre, mais je trouve les courses bien meilleures. En fait, je trouve même qu’il est plus difficile de dépasser maintenant qu’avant, mais les courses en elles-mêmes sont vraiment superbes."

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