Chargement ...

La F1 corrige aussi une règle ’stupide’ après des erreurs coûteuses

Le sport simplifie son système énergétique en qualifications

Par Franck Drui - 28 avril 2026 - 07:23
Chargement ...

La Formule 1 a décidé de mettre fin à l’une des anomalies les plus déroutantes du règlement 2026, un point qui avait notamment piégé Charles Leclerc en début de saison.

Dans le cadre des ajustements réglementaires validés par les équipes avant le Grand Prix de Miami, plusieurs mesures ont été introduites pour améliorer à la fois le défi sportif et le spectacle des qualifications. Certaines évolutions ont été rendues publiques, comme la réduction de la limite de recharge d’énergie par tour à 7 MJ, tandis que d’autres changements sont restés plus discrets.

Parmi eux figure la suppression d’un comportement jugé "particulier" par le directeur d’écurie de McLaren, Andrea Stella, qui avait suscité l’incompréhension après avoir piégé plusieurs pilotes cette année.

Au cœur du problème : les algorithmes complexes régissant le déploiement de l’énergie. Ceux-ci imposaient aux pilotes d’utiliser une certaine quantité de puissance à l’accélération en sortie de virage. Pour éviter de consommer trop d’énergie dans certaines portions du circuit, ils pouvaient activer un mode dit "power limited", réduisant le déploiement.

Mais pour entrer dans cette phase, il fallait maintenir une ouverture des gaz supérieure à 98 % pendant une seconde complète, une étape appelée "power limited pending". Un fonctionnement logique sur le papier, mais qui s’est révélé piégeux en piste.

En effet, si un pilote relâchait brièvement l’accélérateur après avoir franchi ce seuil, même pour corriger une légère erreur, le système se réinitialisait. Résultat : il devait recommencer la phase "pending" consommant plus d’énergie que prévu.

C’est exactement ce qui est arrivé à Leclerc lors des qualifications sprint en Chine. Le Monégasque avait alors qualifié cette règle de "stupide" après avoir dû lever le pied pour corriger un survirage à la sortie du virage 10, repassant brièvement sous les 98 %.

En réaccélérant, il avait relancé la séquence d’une seconde obligatoire, ce qui avait entraîné une surconsommation d’énergie jusqu’au virage 11, le privant ensuite de batterie dans la ligne droite principale, là où il en avait le plus besoin.

Lando Norris avait aussi été piégé par cela à Suzuka et c’est aussi ce qui pouvait conduire à des dépassements non souhaités en course.

Pour éviter que ce type de situation ne se reproduise, la FIA et les équipes ont validé une modification visant à simplifier la transition vers le mode "power limited". Désormais, les pilotes entreront automatiquement dans ce mode une seconde après avoir déclenché la phase "pending" à 98 % d’accélérateur, même s’ils relâchent brièvement ensuite.

Cette évolution doit permettre d’éviter les variations inattendues de déploiement d’énergie et de libérer les pilotes, qui n’auront plus à hésiter à attaquer en sortie de virage par crainte de compromettre leur gestion énergétique.

Reste à voir si ces ajustements suffiront à éliminer totalement ces comportements atypiques, une réponse qui sera observée dès Miami.

Le directeur technique performance de McLaren, Mark Temple, se montre prudent : "L’objectif est clairement d’améliorer nettement la situation. Mais s’il y a bien une chose que nous avons apprise avec ce règlement, c’est qu’on ne peut pas tout anticiper."

"Je pense que nous avons fait de bons progrès pour éviter ces problèmes et simplifier les choses, mais tant que nous ne serons pas en piste et que nous n’aurons pas exploré toutes les façons dont un pilote peut exploiter le système, il pourra toujours y avoir des comportements inattendus."

"Il ne fait aucun doute qu’il restera quelques particularités que nous identifierons et que nous pourrons ensuite corriger."

De son côté, Oscar Piastri espère que les effets contre-intuitifs observés jusqu’ici disparaîtront.

"Je pense que dans chaque séance de qualifications jusqu’à présent, l’un d’entre nous a fait une erreur quelque part, et en réalité cela nous a aidés plutôt que pénalisés, ce qui n’est pas comme cela que cela devrait fonctionner."

"Je suis donc assez convaincu que ces ajustements ne régleront peut-être pas totalement le problème, mais qu’ils iront clairement dans le bon sens."

"Pour moi, le plus important a été la coordination et la collaboration entre les pilotes, les équipes, la F1 et la FIA."

"Cela a été assez rafraîchissant, surtout pour certains des plus anciens, de voir cette collaboration. Mais le temps nous dira si cela suffit. Je pense qu’il faudra probablement d’autres ajustements. On ne sait pas encore à quel point ils seront faciles à mettre en œuvre cette année."

"Mais je suis sûr qu’il y aura encore des changements l’an prochain ou à l’avenir. En tout cas, cela va clairement dans la bonne direction. Espérons que cela se confirme à Miami."

Chargement ...

«FIA : la F1 a ajusté ses règles mais elle ’ne peut pas être l’otage’ des constructeurs