Plusieurs pilotes ont exprimé leurs inquiétudes concernant les nouvelles procédures de départ introduites en 2026 en Formule 1, certains estimant qu’elles pourraient mener à un accident majeur si rien n’est ajusté. Interrogés sur le sujet ce vendredi à Shanghai, plusieurs dirigeants d’écurie ont toutefois appelé à la prudence concernant les réactions à avoir, rappelant que les équipes et les pilotes sont encore en phase d’apprentissage après seulement une course disputée.
Les débats ont pris de l’ampleur après la manche inaugurale disputée sur l’Albert Park, où la procédure de départ et les premiers tours ont réservé plusieurs surprises aux équipes.
Le patron de Red Bull Racing, Laurent Mekies, reconnaît que les nouvelles règles ont apporté leur lot de complications, notamment dans la gestion de l’énergie.
"Le départ à Melbourne et les tout premiers tours ont apporté pas mal de surprises pour nous tous. Nous faisons partie de ceux qui avaient probablement un niveau de batterie assez bas sur les deux voitures au moment du départ. Mais c’est comme ça."
Pour le dirigeant français, ces contraintes font partie intégrante du nouveau règlement.
"Il y a des contraintes, le règlement est le même pour tout le monde, et nous allons tous apprendre à mieux gérer cela. Cela signifie une bonne dose de complexité pour les pilotes, et on peut débattre du fait que ce soit une complexité inutile ou non dans un scénario de tour de formation."
Mais selon lui, l’expérience permettra rapidement d’améliorer les choses.
"Je suis sûr que nous allons tous progresser et apprendre à mieux gérer cela."
Le patron d’Audi F1, Jonathan Wheatley, estime lui aussi que la difficulté principale réside dans la quantité de paramètres que les pilotes doivent gérer lors du tour de formation.
"En ce qui concerne la charge de travail du pilote, c’est un point intéressant. Il y a énormément de choses à gérer lors d’un tour de formation. C’est bien plus que simplement rouler puis se placer sur la grille pour le départ. Il faut mettre les pneus dans la bonne fenêtre de température, les freins dans la bonne fenêtre, et gérer correctement l’énergie."
"Dans l’ensemble, les pilotes apprennent très vite et les équipes apprennent très vite. Il y a eu quelques enseignements. La FIA travaille toujours sur la procédure de départ. Il y aura également quelques petits changements ce week-end qui devraient améliorer les choses."
Le Britannique met toutefois en garde contre des réactions trop précipitées.
"Dans ce sport, nous apprenons très, très vite. Il est important de garder un œil attentif sur la situation et de garder la tête froide avant de réagir de manière impulsive."
Du côté d’Alpine F1, le conseiller exécutif Flavio Briatore rappelle que les pilotes doivent s’adapter à une procédure de départ très différente de celle des saisons précédentes.
"Pour le pilote… le départ, je pense que pour le pilote c’est différent, c’est une procédure différente pour lancer la course, comme Jonathan et Laurent l’ont dit. Nous sommes dans la courbe d’apprentissage. Nous n’avons disputé qu’une seule course pour le moment. Bien sûr, pour le pilote c’est un grand changement. Il faut réfléchir davantage, il faut se préparer d’une meilleure manière, et c’est vraiment différent d’avant."
Briatore insiste toutefois sur la nécessité de rester vigilant sur le plan de la sécurité.
"Maintenant, ce que nous devons faire, comme l’a dit Laurent, c’est travailler sur l’aspect sécurité."
"S’il y a quelque chose que nous devons modifier avec la FIA et avec les ingénieurs, nous en parlons en permanence. Et si nous trouvons quelque chose qui est mauvais, si nous pensons que c’est mauvais, si c’est dangereux pour le pilote, alors bien sûr il faudra changer quelque chose."
Pour l’instant, le constat est surtout celui d’une évolution importante du travail des pilotes au moment du départ.
"Pour le moment, pour le pilote, c’est un travail différent. Le départ est un aspect complètement différent de l’année dernière et de l’année précédente."