Chargement ...

La F1 répond à Verstappen et ne cède pas à la panique sur les monoplaces de 2026

Trop tôt pour juger : Domenicali défend une révolution controversée

Par Franck Drui - 20 février 2026 - 07:17
Chargement ...

Alors que les premières séances d’essais des monoplaces de Formule 1 version 2026 ont mis en lumière une gestion de l’énergie jugée particulièrement contraignante, les inquiétudes se multiplient dans le paddock quant à l’impact de ces nouvelles règles sur la qualité du spectacle. Mais pour Stefano Domenicali, patron de la F1, il n’y a pour l’instant aucune raison de céder à la panique.

Les premiers roulages ont en effet révélé des voitures "affamées en énergie", alimentant la crainte de voir certains Grands Prix se transformer en courses d’économie plutôt qu’en batailles roue contre roue. Plusieurs voix se sont également élevées contre une gestion énergétique si poussée qu’elle entraînerait des baisses de puissance et de vitesse marquées dans certains virages rapides.

La semaine dernière, Fernando Alonso s’est ainsi permis une boutade remarquée, estimant que le défi avait été tellement réduit que "le chef cuisinier de l’équipe pourrait piloter la voiture". Max Verstappen, de son côté, a qualifié la future réglementation d’anti-course.

Malgré ces critiques virulentes, Domenicali assure n’avoir, à ce stade, "rien vu de préoccupant".

"Je ne comprends pas toute cette panique qui circule," a déclaré l’Italien en marge des essais de Bahreïn.

"Il y aura des courses incroyables, beaucoup d’action, et c’est la chose la plus importante. Et quoi qu’il arrive, si quelque chose ne correspond pas à ce que nous voulons, la crédibilité de ce sport, c’est notre capacité à nous asseoir avec les personnes responsables – les équipes techniques et la FIA – pour trouver des solutions. Donc je ne suis absolument pas inquiet."

Pour Domenicali, il est essentiel de laisser les nouvelles règles s’exprimer en conditions réelles de course avant d’envisager d’éventuels ajustements. L’objectif : éviter toute réaction à chaud susceptible d’aggraver la situation.

"Lors de la réunion de la Commission F1, il y a eu une discussion ouverte pour mettre sur la table des solutions potentielles à ce type de problème. Nous allons donc organiser une réunion avant le début de la saison afin d’éviter toute surréaction, car il est très clair que nous devons absolument éviter cela. C’est pour cette raison que je dis qu’il faut rester calmes."

S’il met en garde contre des conclusions hâtives à l’issue des premières courses – notamment sur des tracés comme Melbourne ou Djeddah, où la gestion de l’énergie pourrait être particulièrement délicate – le dirigeant précise toutefois que la F1 devra agir si des problèmes majeurs venaient à apparaître.

"Ce qui doit être protégé avant tout, et si ce n’est pas le cas nous devrons intervenir, c’est la qualité des courses, les opportunités de dépassement et le défi offert aux pilotes pour démontrer qu’ils sont les meilleurs. Si ces éléments ne sont pas respectés, alors évidemment, nous devrons intervenir et réagir immédiatement."

Verstappen au cœur des discussions

Conscient des critiques émises par plusieurs pilotes, dont l’attaque frontale de Verstappen contre les monoplaces 2026, Domenicali estime néanmoins que les perceptions évoluent rapidement à mesure que les pilotes prennent leurs marques.

Le PDG de la F1 affirme avoir échangé avec l’ensemble du plateau, notamment avec Charles Leclerc, ainsi qu’avec Verstappen lui-même.

"Nous avons rencontré tous les pilotes. Max a une manière de dire les choses qui peut parfois être interprétée d’une certaine façon, mais je peux vous garantir qu’il se soucie de la Formule 1 plus que quiconque."

Interrogé sur cette certitude, Domenicali a insisté : "Parce que j’ai une très bonne relation avec Max, je le connais très, très bien. Je passe beaucoup de temps avec lui. Voilà pourquoi. Point final. Et il aime la Formule 1, il n’y a aucun doute là-dessus."

"Nous avons eu une réunion très constructive. Il aura également une discussion très constructive avec la FIA pour mettre en avant son point de vue sur ce qu’il estime nécessaire afin de maintenir le pilotage au cœur de l’approche."

Pour Domenicali, les résistances actuelles sont un phénomène récurrent à chaque grande révolution réglementaire.

"Il ne faut pas oublier que l’évolution technologique des voitures impose forcément une manière différente de les piloter. Cela s’est produit dans le passé, et cela se produira encore à l’avenir. Je peux garantir – et je partage pleinement ce constat – que les commentaires après le premier jour de roulage sont déjà très différents de ceux des troisième ou quatrième jours, et cela va continuer à évoluer."

"Je suis presque certain que lorsque nous nous retrouverons au milieu ou à la fin de l’année, le paysage des commentaires et des débats politiques sera totalement différent. C’est normal en Formule 1. À chaque changement majeur de réglementation, c’est toujours la même chose, tant du point de vue technique que du côté des pilotes."

En guise d’exemple, Domenicali rappelle les craintes exprimées en 2021.

"Lors du changement de règles en 2021, certains directeurs techniques affirmaient que les voitures seraient plus lentes de six ou sept secondes au tour. Cela ne s’est pas produit, et nous avons vu ce qui s’est passé après quelques années."

Les fans, moins sensibles aux subtilités techniques

Si la gestion énergétique extrême et les pertes de vitesse en virages rapides liées au “super clipping” inquiètent les acteurs du paddock, Domenicali estime que ces aspects techniques n’affecteront qu’une minorité du public.

"C’est pour cela que je suis allé discuter pendant une demi-heure avec eux (dans les tribunes) pour comprendre le ressenti. Bien sûr, les fans les plus pointus percevront certaines différences, mais je vous garantis que 99,9 % des fans ne les ressentiront pas, car c’est tout simplement impossible."

"Je veux donc rester positif. Et comme je l’ai dit, si quelque chose doit être corrigé, nous aurons le temps et le recul nécessaires pour le faire ensemble, en tant que système."

Enfin, Domenicali rappelle que les essais hivernaux ne sont pas représentatifs de ce que sera réellement la F1 2026 une fois la compétition lancée, avec un premier rendez-vous prévu en Australie.

"Nous serons bientôt à Melbourne. Tout le monde sera concentré sur la victoire, et c’est cela qu’il faut garder en tête. Le vainqueur sera toujours le plus rapide – ou le plus chanceux. Rien ne changera à ce niveau-là. Cette nouvelle réglementation représente une opportunité incroyable d’apprentissage, et c’est, selon moi, ce qui a toujours différencié la F1 des autres sports."

"La F1 a toujours été un endroit où chacun peut prouver qu’il est le meilleur, quelles que soient les conditions : pilotes, ingénieurs, mécaniciens. Bien sûr, s’il y a quelque chose à corriger, nous le ferons. Mais je ne commence pas avec la panique. Je commence avec une grande énergie. Il y a beaucoup de fans qui ont déjà réservé leurs billets, beaucoup qui suivent, beaucoup qui sont curieux. Le débat et la polémique font partie de la nature de notre sport."

"Et je ne tirerais aucune conclusion définitive après le Grand Prix d’Australie, quel qu’en soit le résultat. Ce serait beaucoup trop prématuré, croyez-moi."

Chargement ...

«’Comme des fusées’ : les Ferrari frappent déjà très fort lors des départs