Le début de saison n’a pas été de tout repos pour Red Bull Racing. Dès les premiers roulages, l’écurie autrichienne a dû faire face à un contretemps coûteux après la sortie de piste d’Isack Hadjar, un incident dont les conséquences financières pourraient peser sur le reste de l’année, à l’aube d’une saison 2026 où le développement technique s’annonce particulièrement intense.
L’ampleur exacte des dégâts causés par la glissade du pilote français reste difficile à évaluer. Toutefois, les images prises à distance, depuis l’extérieur du circuit, laissent peu de place au doute : l’arrière de la RB22 a été sérieusement endommagé. L’aileron arrière était brisé et des dommages internes importants ne sont pas à exclure. Résultat, Red Bull a dû faire acheminer en urgence de nouvelles pièces, un processus qui alourdit encore la facture. Un accident qui, au final, pèsera clairement sur le bilan comptable de l’équipe.
Un surcoût dont Red Bull se serait bien passé. Même si le plafond budgétaire a été relevé pour 2026 afin de tenir compte des coûts de développement attendus, les ressources restent limitées. Chaque dépense compte. Dans ce contexte, un crash dès les premiers essais n’est évidemment pas idéal, car l’argent initialement prévu pour l’évolution de la voiture doit désormais être utilisé pour produire des pièces de rechange dès le premier test.
D’autant que les journées d’essais à Barcelone avaient avant tout valeur de shakedown. Traditionnellement, les équipes commencent réellement à chercher la performance à Bahreïn. Il est donc possible que Red Bull ait remplacé certaines pièces endommagées par des éléments qui n’auraient de toute façon été utilisés qu’à Sakhir.
Bien sûr, toutes les équipes de Formule 1 prévoient une enveloppe destinée aux imprévus. Accidents et contretemps font partie du jeu. Mais aussi tôt dans l’année, ni Red Bull ni Williams d’ailleurs, qui a dû repasser plusieurs fois ses crash tests, n’auraient souhaité entamer cette réserve.
De son côté, Isack Hadjar est revenu avec lucidité sur cet épisode, tout en soulignant les enseignements positifs tirés de ces premiers roulages.
"C’était agréable d’avoir une bonne journée lundi. Elle a été très productive et nous avons réussi à boucler bien plus de tours que prévu. Tout s’est déroulé assez simplement, avec seulement des soucis mineurs. C’était assez impressionnant pour un premier jour avec notre propre groupe propulseur," explique le Français qui observait Max Verstappen hier depuis le garage.
"Malheureusement, mardi, juste après être passé des pneus pluie aux intermédiaires, j’ai perdu le contrôle de la voiture dans le dernier virage et je sais que les conséquences n’étaient pas idéales pour l’équipe."
"Le point positif, c’est que j’ai déjà commencé à comprendre la voiture et à travailler sur plusieurs aspects. Il y a encore beaucoup de choses à ajuster, bien sûr, mais le travail avance de manière régulière. Ces voitures sont différentes, très différentes. Il y a clairement moins d’appui globalement et elles sont un peu plus prévisibles que la génération précédente. Elles sont plus simples à exploiter, et du côté du groupe propulseur, le pilote dispose de beaucoup plus d’options."
Confiant pour la suite, Hadjar ne veut plus penser à cet accident.
"Oui, c’est du passé. Je ne pense pas que j’aurais pu mieux me préparer pour cette saison. J’espère arriver fort cette année, mais le travail est loin d’être terminé. J’apprends tous les jours."