Les dirigeants de la Formule 1 se disent ouverts à l’idée de réinventer une nouvelle fois le format des week-ends de course, alors que des spéculations circulent sur la volonté de Liberty Media de pousser à d’autres changements au-delà de 2026.
Ce vendredi en Hongrie, les patrons d’écuries ont été interrogés sur l’orientation prise par Liberty depuis l’acquisition du championnat en 2017, et sur la nécessité pour la F1 de continuer à évoluer afin de maintenir sa croissance et rester pertinente auprès du grand public.
Le directeur de McLaren F1, Andrea Stella, a salué le travail accompli par la Formule 1 et par le PDG Stefano Domenicali, tout en reconnaissant qu’un changement supplémentaire pourrait s’avérer nécessaire.
"Avant tout, je tiens à saluer le travail réalisé par la Formule 1, par Stefano et par la direction du championnat, car ils ont clairement conduit la croissance du sport, dont nous profitons tous" a déclaré l’Italien.
"Nous avons tous la responsabilité de soutenir cette dynamique dans laquelle s’inscrit la F1 en tant que business global. Et dans le cadre de cette responsabilité, nous devons rester ouverts à l’idée de nous réinventer, si cela est nécessaire pour poursuivre cette croissance."
"Le succès actuel de la Formule 1 ne doit pas être considéré comme acquis. Tous les sports ne rencontrent pas un tel engouement généralisé. Nous comprenons également que la nature des fans a évolué, et qu’il peut être nécessaire de repenser notre approche des essais libres, voire du week-end de course dans son ensemble."
"Je pense que nous devons être ouverts à cela. Bien entendu, nous resterons raisonnables et chercherons à préserver certains éléments de l’ADN de la F1, mais oui, cela fait partie de notre responsabilité de contribuer à cette réflexion. C’est un sujet que nous avons récemment abordé lors de la Commission F1, et il restera en haut de l’agenda."
Alors que des rumeurs évoquent l’extension du nombre de courses sprint ou la refonte des essais du vendredi, une fuite récente en provenance de Zandvoort semble confirmer que le nombre d’épreuves sprint restera fixé à six pour la saison 2026.
Au-delà de cette échéance, la porte reste néanmoins ouverte, même si d’éventuels changements supplémentaires risquent de ne pas plaire à certains pilotes ou aux fans les plus attachés à la tradition.
Le nouveau patron de l’équipe Racing Bulls, Alan Permane, abonde dans ce sens : "Au bout du compte, nous devons offrir à notre public ce qu’il souhaite – aux spectateurs, à ceux qui nous regardent."
"C’est notre priorité, et bien sûr, nous faisons confiance à Stefano et à la F1. Ils font un travail remarquable. Avec eux et à travers la Commission F1, nous pouvons façonner le sport. Je trouve que les sprints sont amusants. J’en ferais volontiers quelques-uns de plus, ça ne me pose aucun problème."
Mario Isola, directeur du sport automobile chez Pirelli, partage cette vision selon laquelle l’évolution est nécessaire, même lorsque tout semble bien fonctionner.
"Modifier quelque chose alors que tout va bien est risqué, et personne n’aime prendre de risque. Mais si nous ne voulons pas être dépassés, il faut anticiper ce qui pourrait faire le succès de la F1 de demain – un succès qui n’est pas garanti, comme l’a dit Andrea" lance l’Italien.
"Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est parce que Stefano et son équipe ont pris des décisions qui, au départ, semblaient étranges ou inhabituelles, et cela a très bien fonctionné. Aujourd’hui, on peut dire que la F1 est une plateforme extraordinaire pour nous tous, mais il faut continuer dans cette dynamique de création et d’innovation."