Le grave accident survenu à Suzuka le week-end dernier continue d’alimenter les débats sur la sécurité en Formule 1 avec les nouvelles monoplaces. Président du GPDA, Alexander Wurz a pris la parole pour identifier les mesures urgentes à adopter afin d’éviter qu’un incident similaire ne se reproduise.
Plus d’une semaine après l’accrochage impliquant Oliver Bearman et Franco Colapinto, les circonstances exactes continuent d’inquiéter. Pris au piège par l’écart de vitesse soudain avec l’Alpine qui le précédait, le pilote Haas a été contraint de se déporter sur l’herbe, devenant instantanément passager de sa monoplace.
L’impact avec les barrières s’est révélé inévitable, à très haute vitesse. Bearman est ressorti de sa voiture en boitant visiblement, mais a finalement évité des blessures plus graves dans un accident qui aurait pu avoir des conséquences bien plus lourdes.
Intervenant dans le podcast Lift and Roast, Wurz a pointé du doigt un problème précis : les pics soudains de déploiement de puissance à haute vitesse. Selon lui, ces variations brutales doivent être interdites pour des raisons de sécurité.
"Nous devons faire une chose : nous assurer que rien de semblable à l’accident d’Oliver Bearman ne se reproduise. Pour des raisons de sécurité, nous devons tout simplement interdire les pics soudains de déploiement à haute vitesse. Cela nécessiterait un logiciel standardisé pour toutes les équipes, qui prendrait peut-être en compte la vitesse et la distance afin que ces situations ne se produisent plus."
L’Autrichien plaide ainsi pour l’introduction d’un système logiciel commun à toutes les écuries, capable de lisser ces variations et d’éviter des écarts de vitesse trop importants entre deux monoplaces.
Wurz a également insisté sur les risques accrus dans des conditions de faible visibilité, notamment sous la pluie. Dans ces situations, les pilotes roulent essentiellement à l’instinct, sans toujours percevoir la présence d’une voiture plus lente devant eux.
"Imaginez simplement sous la pluie, quand vous ne voyez rien et que vous pilotez uniquement à l’instinct, sans même savoir si quelqu’un est devant vous, et que cette voiture subit soudainement du superclipping. Vous percuteriez son arrière à pleine vitesse avec un différentiel de 50 km/h. Là, on entre dans un domaine de sécurité critique, où la FIA doit vraiment intervenir. Et c’est quelque chose qui peut être fait à court terme."
Le phénomène de superclipping, déjà évoqué dans le paddock, pourrait en effet générer des écarts de performance extrêmement dangereux en ligne droite.
Face à ces constats, Wurz appelle clairement la FIA à agir rapidement. L’instauration d’un cadre logiciel commun et la limitation des pics de déploiement apparaissent comme des solutions à court terme pour éviter de nouveaux accidents à haute vitesse.