Entre une monoplace en retrait et un contexte réglementaire inédit, le début de saison 2026 de Red Bull Racing ne passe pas inaperçu alors que l’écurie autrichienne peine à trouver le bon équilibre. Une situation analysée sans détour par Jenson Button, qui pointe du doigt un paradoxe majeur : un moteur prometteur… mais un châssis en difficulté.
Installée à Milton Keynes, Red Bull traverse un début de campagne compliqué, à l’image de l’ensemble du plateau confronté aux défis des nouvelles règles 2026. Sauf, peut-être, Mercedes F1.
La RB22, jugée peu compétitive, a notamment contribué à la frustration de Max Verstappen, dont les propos récents laissent même entrevoir une possible retraite en fin de saison si la F1 n’améliore pas en parallèle la gestion électrique de ses monoplaces.
Certes, l’écurie avait abordé cette nouvelle ère avec prudence, notamment en raison d’un chantier majeur : la conception de sa propre unité de puissance, développée en partenariat avec Ford. Mais les essais hivernaux avaient pourtant laissé entrevoir une hiérarchie plus favorable à Red Bull, la monoplace se montrant plus rapide qu’anticipé. Mais après trois Grands Prix, les limites apparaissent clairement.
Interrogé quant aux solutions à apporter, Jenson Button, aujourd’hui devenu ambassadeur d’Aston Martin F1, s’est montré particulièrement direct : "Construire une voiture plus rapide ? C’est aussi simple que ça."
Le Britannique souligne toutefois que la compréhension des nouvelles règles est encore en cours.
"Ils sont encore en train de comprendre le règlement et d’affiner les voitures. On va voir beaucoup d’évolutions cette année, plus que d’habitude. Mais au sein de l’équipe aussi, il y a toujours une marge de progression. Il s’agit de comprendre ce que vous avez, les outils à votre disposition, et de les exploiter au maximum."
Mais c’est surtout sur le contraste entre moteur et châssis que Button insiste.
"On peut dire que leur unité de puissance est plus impressionnante que le châssis. Partir de zéro et construire un moteur aussi compétitif, c’est fort. Le moteur a probablement mieux performé que la voiture elle-même."
"Je ne pense pas qu’ils soient si loin que ça du côté de l’unité de puissance, mais en tant que package global, ils doivent progresser."
"Pour Max et Red Bull, il y avait beaucoup de discussions sur leur nouveau rôle de motoriste. Mais en réalité, c’est le châssis qui semble un peu en difficulté. Ils ont dit qu’ils ont payé le prix de leur acharnement pour le titre pilotes en 2025 mais ça n’explique pas tout."
"Il y aussi les réglages. Je ne pense pas qu’ils aient trouvé le bon équilibre de la voiture. Et les courses l’ont montré : ils ont souffert sur le plan aérodynamique. D’autres choix sont à faire."